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L'ex-trader français Jérôme Kerviel se dit "serein" malgré la perspective de la prison

16/05/2014 11:59 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

L'ancien trader français Jérôme Kerviel, qui doit franchir samedi la frontière italo-française à Menton à l'issue d'une marche commencée à Rome en février, s'est déclaré vendredi "serein" malgré la perspective de la prison en France.

Il a été convoqué par la justice, dimanche soir au plus tard, au commissariat de Menton, pour exécuter sa peine après avoir été condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour des malversations constatées en 2008 qui ont fait perdre 4,9 milliards d'euros à la banque Société générale.

"Je suis totalement serein sur le futur, je n'appréhende pas du tout le passage à la frontière", a-t-il déclaré, interrogé par la radio France Bleu Azur alors qu'il se trouvait dans un hôtel proche de la ville-frontière italienne de Vintimille.

"La privation de liberté est quelque chose de terrible", mais "la liberté est avant tout à l'intérieur de l'esprit, je suis libre complètement aujourd'hui de ce point de vue là", a déclaré Jérôme Kerviel.

"J'ai été quelqu'un qui a participé à un système amoral, je ne m'en rendais pas compte à l'époque. Aujourd'hui j'ai honte d'y avoir participé. J'ai honte d'avoir été un trader", dit-il. "Mon quotidien c'était de faire du fric pour la banque, c'était mon seul objectif, à tout prix, peu importe la morale, peu importe l'éthique", a-t-il encore affirmé.

"Au cours de ce périple en Italie, j'ai rencontré des gens qui ont souffert de la crise provoquée en grande partie par les banques. J'ai de nombreux messages de commerçants et d'artisans chaque jour qui me disent quelles difficultés ils ont avec leur banque qui ne leur prête plus", a-t-il ajouté.

A cours de son procès, Jérôme Kerviel a clamé son innocence et accusé la Société générale d'avoir menti sur ses propres responsabilités dans l'affaire. La Cour de cassation qui a confirmé sa condamnation à trois ans de prison ferme a annulé les dommages et intérêts astronomiques auxquels il avait été condamné, renvoyant ce volet du dossier à un procès civil que ses soutiens espèrent transformer en procès de la Société générale.

L'avocat de Kerviel David Koubbi, ainsi que l'évèque de Gap Mgr Jean-Michel di Falco, et le sénateur communiste Eric Bocquet ont écrit au président François Hollande pour lui demander d'intercéder afin que Jérôme Kerviel ne soit pas incarcéré dans l'immédiat.

Un rassemblement de soutien est prévu à son passage de frontière à 13H00 GMT samedi, et plusieurs dizaines d'internautes ont appelé à un sitting à la même heure à Paris devant le ministère de la Justice.

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