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France: "non au dépeçage" d'Alstom, oui aux alliances (ministre)

16/05/2014 07:48 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

Le ministre français de l'Economie, Arnaud Montebourg, s'est déclaré vendredi opposé au "dépeçage" du groupe Alstom, fleuron industriel français, tout en se disant favorable à des alliances, sans écarter un accord avec l'américain General Electric (GE).

"Notre stratégie, c'est non au dépeçage, oui aux alliances", a déclaré le ministre sur BFM, interrogé sur le dispositif entré en vigueur vendredi, qui étend la protection des entreprises stratégiques françaises face aux visées étrangères.

Une décision intervenue alors que l'américain General Electric et l'allemand Siemens cherchent à reprendre la majeure partie des actifs du groupe industriel français Alstom, un dossier dans lequel l'Etat cherche à faire pression.

"La France n'est pas à vendre. Nous ne sommes pas des proies, surtout dans les domaines stratégiques", a insisté le ministre, qui juge "normal" que "la maintenance de nos centrales nucléaires" ne soit pas "dans la main d'une entreprise étrangère".

Il n'a toutefois pas écarté une alliance avec General Electric dont a reçu les dirigeants plus tard dans l'après-midi.

Le groupe américain est toujours intéressé par une reprise du pôle énergie d'Alstom, a indiqué une source gouvernementale française à l'issue de cette rencontre.

"Non seulement GE a dit qu'il était toujours acheteur, mais le gouvernement est toujours disponible pour négocier, comme il l'avait écrit à Jeffrey Immelt", le patron de GE, a dit cette source à l'AFP.

Une rencontre avait aussi été programmée vendredi après-midi entre le gouvernement et Siemens.

GE et Siemens n'étaient pas disponibles pour un commentaire vendredi soir.

"Les équipes travaillent. Les discussions continuent de part et d'autre, avec GE et Siemens", selon la source gouvernementale.

Selon celle-ci, le décret qui étend notamment à l'énergie et aux transports le mécanisme de protection des entreprises stratégiques contre les appétits étrangers "a été assez bien interprété" par GE. "Les Américains comprennent cette démarche: elle leur est familière", a-t-elle commenté.

Sean Heather, un des directeurs exécutifs de la Chambre de commerce américaine, a estimé vendredi que le décret pris par la France relevait en partie du "protectionnisme" et n'améliorait pas la "compétitivité" du pays.

Le ministre français de l'Economie n'a par ailleurs pas écarté que l'Etat entre au capital d'Alstom. "On ne se l'interdira jamais", a-t-il affirmé.

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