QUÉBEC - Réunis en congrès au prestigieux Château Montebello, les directeurs généraux des commissions scolaires s'offrent un luxe inadmissible, fulmine le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

En entrevue vendredi à La Presse Canadienne, le grand argentier de l'État a sermonné les quelque 150 dirigeants des commissions scolaires qui, depuis le milieu de la semaine et jusqu'à samedi, sont réunis toutes dépenses payées dans le décor bucolique de la campagne outaouaise.

«Je fais appel à leur bon jugement, je fais appel aux directeurs aussi pour qu'ils comprennent que l'effort qui est demandé est un effort qui est demandé à tous, y compris les commissions scolaires», a-t-il déclaré.

Pendant que le gouvernement gratte les fonds de tiroir et cherche à réduire ses dépenses, les directeurs des commissions scolaires se comportent, selon le ministre, comme s'ils étaient au-dessus de la mêlée. Golf, souper contes et légendes, coquetel, prestation d'un humoriste, conférences diverses et soirée de gala figurent au menu de l'événement intitulé «Un congrès à faire rêver». Le coût d'inscription frôle les 600 $ et est remboursé par les commissions scolaires.

«Il y a des dépenses ici qui paraissent clairement exagérées. Il y a certainement moyen de faire des activités de formation qui se font à meilleurs coûts et qui vont être bien mieux acceptées et comprises par les Québécois», a soulevé M. Coiteux, invitant les dirigeants des commissions scolaires à s'arrimer sur la réalité contemporaine.

«Il y a peut-être des pratiques ici qui sont héritées d'un passé où les gens portaient une attention moindre, mais c'est le genre de situation qu'on juge qui ne doit plus se produire. Ces choses-là sont inacceptables, on demande des efforts à l'ensemble des ministères et des organismes et on s'attend à ce que les commissions scolaires travaillent dans le même sens que l'ensemble du secteur public au Québec», a-t-il déclaré.

Bien qu'autonomes, les commissions scolaires font néanmoins partie «du grand secteur public» et à ce titre, elles doivent aussi «mettre l'épaule à la roue», a insisté le président du Conseil du trésor.

«Elles doivent s'imposer ces exigences de rigueur, et donc de choix dans la façon de dépenser l'argent», a-t-il dit.

Au cas où l'information aurait échappé à certains gestionnaires de fonds publics, M. Coiteux a rappelé que le Québec était confronté à une impasse budgétaire de 3,7 milliards $ à résorber.

«Cest sérieux. Si on ne faisait rien cette année, en 2014-2015 on aurait un déficit qui dépasserait les 5 milliards $. Dans ce contexte-là, on prend des décisions difficiles», a fait valoir le ministre.

Le gouvernement Couillard a amorcé un exercice de révision des programmes et entend mener un exercice similaire pour la fiscalité. La réflexion sur la gestion des fonds publics «implique l'attention, l'effort, la participation de tout le monde, y compris des directeurs des commissions scolaires», a noté M. Coiteux.

Outrée par les dépenses des commissions scolaires, la Coalition avenir Québec (CAQ) a invité plus tôt cette semaine le gouvernement à saisir l'occasion qui se présente avec le dépôt prochain du budget pour «questionner» l'avenir «de cette imposante et inefficace structure».

Il n'a pas été possible vendredi de contacter un porte-parole des directeurs généraux.

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