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"Captives", un thriller inquiétant autour d'un kidnapping d'enfant

16/05/2014 10:27 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

Habitué de la Croisette, le réalisateur canadien Atom Egoyan a présenté vendredi en compétition officielle "Captives", avec Ryan Reynolds et Rosario Dawson, un thriller inquiétant sur une disparition d'enfant, un cercle pédophile et la surveillance vidéo.

Un film qui a divisé les critiques au festival de Cannes: "haletant" pour certains, "ridicule" pour d'autres.

Dans la froide province canadienne d'Ontario, la petite Cassandra a disparu il y a huit ans, alors que son père avait fait un bref arrêt sur la route, le temps d'une course.

Impossible pour ses parents de reprendre une vie normale après cet enlèvement, qui a fait voler leur couple en éclats. Le père, Matthew (Ryan Reynolds), ne se remet pas de l'avoir laissée sans surveillance quelques minutes et parcourt sans cesse les routes enneigées en espérant tomber sur elle. La mère, prisonnière de sa douleur, ne peut pardonner à son mari.

Le père et la mère "s'aiment mais ils ne peuvent plus être ensemble. C'est une torture pour eux (...) Lui est dans le remord d'avoir laissé l'enfant seule dans la voiture. Elle lui en veut et reste bloquée dans un présent éternel, celui où elle revoit sans cesse le kidnapping", a expliqué le cinéaste lors d'une conférence de presse.

L'espoir renaît pourtant, avec l'apparition de quelques indices troublants qui laissent penser que Cassandra est toujours vivante. La police relance les recherches sous la houlette d'une enquêtrice chevronnée de la brigade des mineurs, Nicole Dunlop (Rosario Dawson).

- Inspiré d'un fait réel au Canada -

Rapidement, il devient clair que Cassandra est vivante, séquestrée quelque part - un scénario qui rappelle la séquestration de Natascha Kampusch, cette Autrichienne retenue pendant huit ans par son ravisseur dans un abri souterrain sous sa maison. Et la police ne fait que commencer à découvrir l'ampleur de la perversité de ses ravisseurs...

Cette idée de séquestration est "terrifiante. Cela vient de ce désir masculin de créer un monde entièrement sous son contrôle. C'est l'expression d'une idée romantique perverse d'exclure tout le reste", a commenté Atom Egoyan, lors d'un entretien à l'AFP.

Le cinéaste, qui s'est inspiré d'un fait divers de disparition d'enfant au Canada, a également rencontré pour les besoins du film des policiers spécialisés dans les cas de pédophilie.

"Ce qui m'a le plus troublé dans leurs témoignages, c'est quand ils expliquent que malgré leurs efforts, ils ne peuvent pas infiltrer les réseaux pédophiles car ils ne peuvent pas utiliser d'enfants dans leurs enquêtes. Or pour entrer dans ces cercles, il faut montrer patte blanche en +apportant+ un enfant. Les policiers sont totalement démunis face à cela", raconte à l'AFP le réalisateur d'"Exotica" et "De beaux lendemains", Grand Prix à Cannes en 1997.

Comment procurer du divertissement avec une matière aussi noire ?

"Les thrillers peuvent explorer dans endroits très sombres, c'est leur raison d'être, fait-il valoir. C'est le genre de territoire puissant que j'aime explorer. Le spectateur doit s'impliquer entièrement, s'immerger dans l'histoire pendant deux heures".

Atom Egoyan est l'un des trois Canadiens à concourir pour la Palme d'Or cette année, aux côtés de Xavier Dolan ("Mommy") et David Cronenberg ("Maps to the stars").

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