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Ukraine: Américains et Européens menacent la Russie de nouvelles sanctions

15/05/2014 01:04 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Américains et Européens ont menacé jeudi à Londres de prendre de nouvelles sanctions contre la Russie si elle tentait d'entraver la tenue en Ukraine du scrutin présidentiel du 25 mai, crucial pour l'avenir du pays.

"Si la Russie ou ceux qui agissent pour son compte perturbent les élections, les Etats-Unis et les pays de l'Union europénne ici présents imposeront des sanctions économiques ciblées sur certains secteurs", a déclaré le secrétaire d'Etat John Kerry à l'issue d'une rencontre avec ses homologues français, allemand, britannique et italien.

"Notre message est vraiment simple: "Laissez l'Ukraine voter. Laissez le peuple ukrainien choisir son avenir", a-t-il dit.

Le but des premières séries de sanctions économiques prises par Washington et Bruxelles contre Moscou visait "à faire usage du scalpel plutôt que du marteau", selon un responsable américain sous couvert d'anonymat. Mais "nous pouvons faire beaucoup de choses pour créer ce saignement", a-t-il ajouté.

La menace de sanctions intervient alors que dans l'est de l'Ukraine, les affrontements entre l'armée ukrainienne et les séparatistes armés se multiplient près d'un mois après le lancement d'une opération "antiterroriste" visant à rétablir le contrôle de Kiev sur les régions sécessionnistes.

Les partisans ukrainiens de Moscou continuent, par ailleurs, d'étendre leur contrôle, comme à Antratsyt, dans la région de Lougansk, où une mairie de quartier est tombée jeudi aux mains de dizaines d'insurgés armés.

"Les séparatistes pro-Russes et les partisans sont littéralement en train de semer le chaos au sein de communautés telle que Slaviansk," a souligné John Kerry.

La présidentielle du 25 mai en Ukraine, convoquée après la destitution en février de Viktor Ianoukovitch, est jugée "cruciale" par les Occidentaux pour sortir de la crise.

"Nous essayons de faire avancer les choses. Nous espérons que les élections seront justes. Et nous demandons aux Russes de ne pas se mêler de cela", a déclaré à Londres le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

La Russie a longtemps rejeté le principe de l'élection avant que le président Vladimir Poutine finisse par estimer que le scrutin pourrait effectivement aller "dans le bon sens".

Depuis le début de la crise ukrainienne, entraînant la pire crise diplomatique entre l'Occident et la Russie depuis la chute de l'URSS en 1991, Washington et Bruxelles ont pris des sanctions diplomatiques et économiques sans précédent contre des sociétés et dizaines de personnalités russes.

Pour tenter de relancer les pourparlers avec Moscou d'ici le scrutin, Kiev a l'intention d'organiser lundi, dans l'est du pays, une nouvelle table ronde sur le dialogue d'unité nationale, après une première tentative mercredi, selon un membre du Département d'Etat américain.

"Toutes les figures politiques ou toutes les ONG qui souhaitent y participer le peuvent. La seule exigence est qu'ils renoncent à la violence", a-t-il ajouté.

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