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Crise étudiante: Serge Ménard critiqué par les policiers de la Sûreté du Québec

15/05/2014 06:20 EDT | Actualisé 15/05/2014 07:01 EDT
PC

L’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ) peine à comprendre les critiques du rapport Ménard sur le travail des policiers lors des manifestations du printemps 2012. Il avait pourtant «louangé» les interventions de ceux-ci au Sommet des Amériques quand il était ministre péquiste de la Sécurité publique.

Selon le président de l'APPQ Pierre Veilleux, Serge Ménard «avait tout vu» à cette époque sur l’utilisation de balles en caoutchouc et le recours au poivre de Cayenne pour disperser les manifestants. Ce qui ne l’avait pas empêché, dit-il, de féliciter à plusieurs reprises le travail des policiers.

«Ce sont les mêmes techniques d’intervention qui ont été utilisées lorsqu’il était ministre de la Sécurité publique qu’au printemps 2012, dit-il. Ce sont peut-être même les mêmes policiers qui ont participé.»

Rapport partisan

Pour le président de l'APPQ, il ne fait aucun doute que ce rapport a été écrit avec des intentions partisanes. «On avait prédit les conclusions du rapport, et c’est pourquoi on a refusé de participer à cette commission», rappelle-t-il.

Pierre Veilleux pense également que les 28 recommandations du rapport ne sont pas applicables. «Les policiers sont toujours en formation et en train de se perfectionner. Les méthodes et les techniques évoluent au fil du temps à la Sûreté du Québec, dit-il. Et certaines recommandations ont déjà été appliquées.»

Concernant la formation des nouveaux policiers, le président du APPQ a tenu à rappeler que l’École nationale de police fait partie «des meilleures au monde».

Aucun mot sur les manifestants

L’APPQ déplore que le rapport n’adresse aucune critique aux manifestants, dont certains se sont montrés très hostiles à l'égard des policiers.

«J’aurais aimé ça qu’au parle des manifestants comme, par exemple, les Black Bloc ou encore des balles de golf lancées et de nos policiers blessés», critique-t-il, jugeant le rapport incomplet.

«On peut atteindre notre but en faisant une manifestation pacifique, pense-t-il. Prenez comme exemple les gens qui ont manifesté leur joie hier soir dans le centre-ville de Montréal après la victoire du Canadien.»

Pour sa part, la Fraternité des policiers de Montréal estime que les policiers «ont fait leur travail de façon très professionnelle dans un contexte exceptionnel inédit quant au grand nombre de manifestations et quant à l'intensité et la violence de certaines d'entre elles», lit-on dans leur communiqué de presse.

«Nous avons géré plus de 600 manifestations en 180 jours et 70 de nos membres ont été blessés à divers degrés», rappelle le président Yves Francoeur.

Notons que le premier ministre Philippe Couillard a déjà répondu qu’il ne donnerait pas suite aux recommandations de la Commission spéciale d’examen des évènements du printemps 2012.

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