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Ouganda: abus en hausse contre les homosexuels depuis l'adoption d'une nouvelle loi (ONG)

15/05/2014 06:25 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Le durcissement de la législation réprimant l'homosexualité en Ouganda a provoqué "une hausse des violations des droits" des homosexuels qui sont arbitrairement arrêtés, licenciés, expulsés de chez eux et agressés, ont annoncé jeudi des ONG.

Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués (LGBTI) ont "subi une hausse notable des arrestations arbitraires, des abus et du racket policiers, des licencements, des expulsions jetant certains à la rue et des dizaines d'entre eux ont fui le pays", affirment Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International dans un rapport conjoint.

Le président Yoweri Museveni a promulgué fin février une loi controversée qui réprime notamment la "promotion de l'homosexualité" et contraint à dénoncer les homosexuels, suscitant de très vives critiques de par le monde, jusqu'aux plus proches alliés du pays, Etats-Unis en tête.

La législation ougandaise punissait déjà de la prison à vie les relations homosexuelles et les adversaires de la loi accusent M. Museveni de l'avoir promulgué en vue des élections de 2016, qui marqueront son 30e anniversaire au pouvoir, dans un pays où l'homophobie est ouvertement relayée par les puissantes Eglises évangéliques.

"Au moins une personne transgenre a été tuée depuis que la loi a été promulguée, un crime qui semble motivé par la haine", poursuivent les deux ONG, selon lesquelles la victime, prostituée, a été brutalement agressée à Kampala une semaine après la promulgation de la loi et a succombé à "des blessures aux corps et à l'anus, apparemment causées par une bouteille cassée".

Les amis de la victime ont indiqué avoir eu peur d'être arrêtés en raison de leur homosexualité s'ils en parlaient à la police.

HRW et Amnesty recensent au moins 17 personnes arrêtées sur "des présomptions de relations homosexuelles entre adultes consentants ou (...) de simples soupçons d'appartenir à la communauté LGBTI".

La plupart de ceux arrêtés ont été relâchées sans être inculpés, certains après avoir dû payer des pots-de-vin, d'autres grâce à l'intervention d'avocats. Certains ont rapporté avoir été violentés sexuellement en garde-à-vue et un homme a affirmé avoir dû subir un examen anal par la police censé prouver son homosexualité.

La loi a également réduit l'accès des LGBTI, qui craignent d'être arrêtés, aux services de santé et de prévention contre le sida, selon les deux ONG.

Au moins 100 personnes ont fui le pays et de nombreux autres - certains dénoncés comme homosexuels par des médias - ont été contraints de déménager pour échapper au risque d'attaques.

"On change d'endroit constamment", a expliqué un homosexuel cité dans ce rapport, "on a peur (...) plus vous restez longtemps au même endroit, plus vous avez de chances d'être attaqués".

Le rapport cite le témoignage d'homosexuels - ou présumés tels - expulsés par leur propriétaire en raison d'un article de la loi qui punit "quiconque entretient une maison, une pièce ou une série de pièces à des fins d'homosexualité".

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