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La reprise semble se confirmer en Pologne et en Europe centrale

15/05/2014 11:01 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

La reprise semble se confirmer en Europe centrale malgré la crise ukrainienne, selon les chiffres provisoires publiés jeudi qui contrastent avec ceux, jugés décevants, de la zone euro.

La Pologne, poids lourd économique de la région, a vu sa croissance accélérer à 1,1% au premier trimestre 2014 par rapport au trimestre précédent, contre 0,7% au 4e trimestre 2013, selon le Bureau national des statistiques.

En comparaison annuelle, le produit intérieur brut polonais (PIB) a augmenté de 3,3%, après 2,7% lors du trimestre précédent, un chiffre supérieur aux attentes des analystes et le meilleur résultat depuis deux ans, selon eux.

"La reprise est en cours, tirée de plus en plus par la demande intérieure - à la fois l'investissement et la consommation", a déclaré Michal Dybula, économiste en chef de la filiale polonaise de BNP Paribas.

Les sanctions contre la Russie dans la crise ukrainienne pourraient ralentir la croissance en affaiblissant l'économie en Europe de l'ouest, "notre principal marché d'exportation", a-t-il cependant nuancé, cité par l'agence PAP.

Pour l'économiste de la Raiffeisen Polbank Michal Burek, ces bons résultats "n'ont pas confirmé les craintes que la crise en Ukraine fasse baisser de façon significative l'activité économique dans le pays".

Le ministère polonais de l'Economie table sur une croissance de 3,3 % cette année et la Banque centrale prévoit +3,6%.

La Pologne, 38 millions d'habitants, constitue de loin la plus grande économie parmi les anciens pays communistes devenus membres de l'Union européenne, et la seule parmi les 28 à être restée en croissance tout au long de la crise depuis 2008.

Selon l'Institut Capital Economics, basé à Londres, les bons résultats de la Pologne reflètent une reprise à l'échelle régionale en Europe centrale.

Outre la Pologne, la croissance s'est en effet accélérée au premier trimestre dans trois autres pays de la région, la République tchèque (+2% en rythme annuel contre 1,2% au trimestre précédent), la Slovaquie (+2,4% contre 1,5%) et la Hongrie (3,5% contre 2,7%).

"Les estimations provisoires de PIB du premier trimestre pour l'Europe centrale fournissent d'autres preuves d'une reprise progressive de la région", commente l'analyste de Capital Economics William Jackson .

"Le principal facteur de cette amélioration de la croissance semble être le renforcement de la demande de la zone euro, et de l'Allemagne en particulier. Mais il y a des signes qui montrent que les moteurs de la reprise se multiplient", ajoute-t-il.

Certes, deux autres pays de la région ont vu la hausse de leur PIB ralentir au premier trimestre: la Roumanie (+3,8% contre 5,4%) et la Bulgarie (+1,1% contre 1,2%). "Mais dans l'ensemble, le tableau est celui d'une reprise stable", souligne M. Jackson.

"En dépit des craintes de retombées de la crise en Ukraine, il n'y a pas de signes, du moins jusqu'à présent, que la reprise en Europe centrale ait été affectée", fait-il valoir.

La reprise va se poursuivre au ralenti en 2014 dans les pays émergents d'Europe de l'Est mais une nouvelle escalade de la situation en Ukraine pourrait avoir "d'importantes retombées négatives" pour cette région, avait averti début avril le Fonds monétaire international (FMI).

En Europe occidentale, la croissance dans la zone euro montre au contraire des signes d'essoufflement et est ressortie en deçà des attentes des analystes.

Le PIB de la zone a progressé de seulement 0,2% sur les trois premiers mois de l'année, selon l'office européen des statistiques Eurostat, qui a également révisé jeudi à la baisse le chiffre du quatrième trimestre 2013 (à 0,2% au lieu de 0,3%).

Seule l'Allemagne s'en sort bien en affichant une croissance de 0,8% au premier trimestre, après 0,4% au trimestre précédent, confirmant son rôle de moteur de la zone euro.

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