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Hong Kong a démarré la destruction de près de 30 tonnes d'ivoire

15/05/2014 05:33 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Hong Kong a commencé jeudi à détruire près de 30 tonnes d'ivoire saisies auprès de trafiquants, une opération présentée comme la plus importante de ce genre dans la lutte contre le commerce illégal des défenses d'éléphant.

L'ancienne colonie britannique est un lieu de transit du trafic illégal d'ivoire, qui arrive le plus souvent d'Afrique pour être acheminé vers la Chine. 2013 a été une année record pour la saisie d'ivoire dans le territoire, avec 8 tonnes récupérées.

"La cérémonie de ce jeudi envoie un message clair à la communauté locale et internationale: Hong Kong est déterminé à freiner le commerce illégal d'ivoire d'éléphants", a indiqué le ministre de l'Environnement de ce territoire du sud de la Chine, Wong Kam-sing.

Une première tonne de défenses a été broyée jeudi avant d'être incinérée.

Les autorités vont procéder, sur un an, à l'incinération de 28 tonnes d'ivoire, prélevées sur le stock de 33 tonnes saisies depuis 2003.

Le reste est utilisé à des fins scientifiques, pour des analyses d'identification, et pour l'éducation des jeunes, selon les autorités. Une partie a déjà été brûlée lors d'opérations test.

Le stock de Hong Kong, l'un des plus élevés au monde, provoquait la colère des défenseurs de l'environnement.

La demande croissante d'ivoire en Asie est la cause principale des massacres d'éléphants en Afrique, selon les ONG de défense de la faune sauvage.

Face aux braconniers et trafiquants qui ne laissent pas de répit aux éléphants africains, au point de menacer à terme la survie de l'espèce emblématique du continent, les destructions d'ivoire se multiplient dans le monde.

En 2013, des destructions ont eu lieu aux Philippines, en Inde, au Gabon et au Kenya. En novembre, les Etats-Unis réduisaient en fumée cinq tonnes d'ivoire, appelant d'autres pays à les imiter.

En janvier 2014, c'est la Chine, plus gros consommateur mondial d'ivoire illégal, qui en a détruit six tonnes. L'opération visait à redorer l'image de Pékin, qui a entre ses mains la survie des éléphants africains puisque la plus grande partie de l'ivoire braconnée lui est destinée.

La France a elle aussi, pour la première fois, broyé trois tonnes d'ivoire en février dernier, au pied de la Tour Eiffel.

Les deux principaux marchés sont la Chine, où les objets en ivoire sont associés à un statut social supérieur, et dans une moindre mesure la Thaïlande, selon le comité de la Cites (Convention internationale régissant les espèces protégées).

Il ne reste plus que 500.000 éléphants en Afrique, soit moitié moins qu'au début des années 80. Au rythme d'abattage actuel (entre 20.000 et 25.000 par an), leur survie n'est plus assurée.

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