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Cannes 1er jour: des histoires poignantes pour lancer la compétition

15/05/2014 11:50 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Au lendemain de la cérémonie d'ouverture marquée par le charme et la distinction espiègle de Lambert Wilson, le 67e Festival de Cannes est entré de plain-pied jeudi dans la compétition avec des films particulièrement forts et poignants, augurant une compétition serrée: en lice pour la Palme d'or, "Mr Turner", par le réalisateur britannique Mike Leigh, dissèque la personnalité du peintre anglais, artiste visionnaire, dévoré par son art et ses blessures. Emouvant plaidoyer contre l'islam intransigeant des jihadistes, "Timbuktu", du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako qui brigue aussi la récompense suprême, a quant à lui bouleversé les festivaliers.

Présenté en séance spéciale hors compétition, le documentaire "Eau argentée: Syrie autoportrait" du réalisateur syrien Ossama Mohammed est un patchwork d'images Youtube poignant, poétique, parfois insoutenable sur ce conflit barbare, mené dans l'indifférence de la communauté internationale. En ouverture de "Un certain regard", "Loin de mon père" est un film coup de poing sur l'inceste signé de l'Israélienne Keren Yedaya.

En lice pour la Caméra d'or, "Party Girl", dévoilé jeudi aussi à Un Certain regard, est l'histoire vraie, belle et singulière d'une mère de famille entraîneuse dans des bars pour nourrir ses enfants. Un beau jour, un client tombe amoureux d'elle et veut l'épouser. Ce film français est réalisé notamment par l'un de ses fils Samuel Theis. Un portrait touchant d'une femme libre, en marge de la société. Angélique joue son propre rôle.

- Palmarès - L'accueil glacial réservé par les critiques mercredi à "Grace de Monaco", le film hors compétition Olivier Dahan, s'est confirmé par des notes très sévères relevées par le Film français. Côté presse française, seuls Le Parisien et L'Express ont aimé "beaucoup". Première, Le Monde, Les InRockuptibles, le Nouvel Obs ont franchement détesté. Selon le "Palmoscope" quotidien du magazine Gala, The Guardian, quotidien britannique, accorde sans appel un zéro pointé au film.

- L'émotion du jour - Évoquant en conférence de presse les sources d'inspiration de son film "Timbuktu" contre l'islam intégriste, Abderrahmane Sissako s'est interrompu un instant, tête entre les mains, voix cassée par l'émotion: "Je pleure à la place de ceux qui ont vécu cette réelle souffrance", s'est-il justifié. "Le vrai courage, c'est ceux qui ont vécu un combat silencieux (...) La vraie libération, c'est ceux qui chantaient au quotidien dans leur tête une musique qu'on leur avait interdite, ceux qui jouaient au foot sans ballon".

- Le satisfecit du jour - Le cinéma français est le plus apprécié dans le monde après le cinéma américain, selon une étude menée dans 14 pays par Opinionway pour UniFrance. Salué très majoritairement (74%) pour son esthétisme, son émotion et son intelligence, le cinéma français est décrié parfois pour son côté ennuyeux, ses atmosphères pesantes et le manque d'effets spéciaux.

jfg/dab/pad

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