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Brésil : le mouvement de protestation anti-mondial tente de se relancer

15/05/2014 10:10 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Des appels à manifester contre la Coupe du Monde ont été lancés sur les réseaux sociaux dans des villes du Brésil jeudi, faisant figure de test pour la mobilisation des manifestants et la capacité de la police à empêcher des débordements à moins d'un mois de la compétition.

A Sao Paulo, quelque 5.000 militants du Mouvement des travailleurs sans toit (MTST) marchaient jeudi matin en direction du stade d'Itaquerao qui accueillera le match d'ouverture le 12 juin. La marche se déroulait sous le slogan "Coupe du Monde sans le peuple, me voilà de nouveau dans la rue!", selon la chaîne TV Globo.

Quelque 200 métallurgistes protestaient également contre le chômage devant une usine de la zone sud de la ville. Entre 300 à 400 autres bloquaient une avenue à proximité pour exiger des logements. A l'aube, des centaines de manifestants avaient monté des barricades sur une avenue de la banlieue d'Osasco, entravant une partie de l'accès routier à la mégapole, selon TV Globo.

D'autres organisations ont appelé à manifester jeudi dans dix des douze villes hôtes du tournoi, et notamment les Comités populaires de la Coupe, qui s'opposent aux entraves aux droits de l'homme dans l'organisation du Mondial, et le mouvement étudiant "Passe livre" (MPL). Ce dernier lutte pour la gratuité des transports et a été à l'origine de la fronde sociale de juin 2013.

Le principal rassemblement est prévu à 17h00 locales (20H00 GMT) à Sao Paulo, où les organisateurs espèrent réunir 15.000 personnes.

Dans d'autres villes comme Rio, Brasilia ou Belo Horizonte, des marches et rassemblements sont prévus dans l'après-midi. A Rio, les groupes Anonymous et Black Bloc (anarchistes) ont confirmé leur présence.

Les dernières manifestations de ce type, en mars et avril, avaient peu mobilisé et celles de jeudi serviront de baromètre pour la capacité de mobilisation des organisateurs.

De leur côté, les forces de sécurité devront prouver qu'elles sont entraînées et prêtes pour éviter les troubles de grande envergure, souligne le quotidien O Globo.

Ces manifestations se déroulent sur fond de multiplication des mouvements de grèves à l'approche du Mondial: après une grève des conducteurs de bus à Rio qui s'est soldée par 708 bus endommagés, ce sont les professeurs des écoles publiques qui y font grève depuis lundi. A Recife (nord-est) les policiers militaires sont en grève depuis mercredi alors que la police fédérale menace de garder les bras croisés pendant le Mondial.

cdo/ag/gg

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