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Azerbaïdjan: un journaliste d'opposition condamné à huit ans de prison

15/05/2014 05:32 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Un journaliste d'opposition réputé en Azerbaïdjan a été condamné jeudi à huit ans de prison pour recel et trafic d'armes, de fausses accusations selon son avocat qui dénonce une affaire ayant des motifs politiques.

Perviz Hashimli, journaliste pour le journal Bizim Yol et membre du parti d'opposition Front populaire d'Azerbaïdjan, "a été condamné à huit ans de prison sur de fausses accusations de possession illégale et trafic d'armes", a déclaré à l'AFP son avocat Elchin Sadykhov.

"Mon client dit qu'il a été torturé pendant sa détention provisoire", a-t-il indiqué. "Il est innocent et fera appel de ce verdict politiquement motivé".

M. Hashimli avait été arrêté en septembre, quelques semaines avant la réélection pour un troisième mandat présidentiel consécutif d'Ilham Aliev, arrivé au pouvoir après la mort de son père Heydar Aliev, un ancien haut responsable du KGB qui avait dirigé l'Azerbaïdjan presque sans interruption de 1969 à 2003.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a condamné ce jugement.

"Je suis consterné" par la décision du tribunal d'aujourd'hui", a déclaré la réprésentante de l'OSCE Dunja Mijatovic dans un communiqué. "J'appelle les autorités à arrêter d'enfermer les membres des médias pour les réduire au silence", a-t-elle ajouté.

Les organisations de défense des droits de l'homme accusent son régime d'atteintes à la liberté d'expression et de faire emprisonner des opposants dans ce pays riche en hydrocarbures situé sur les bords de la Caspienne.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé Bakou de recourir de plus en plus à de fausses accusations de possession de drogues et d'armes contre les opposants afin d'étouffer les critiques.

La condamnation de M. Hashimli intervient quelques jours après une visite du président français François Hollande à Bakou, qui a très prudemment évoqué le sujet des droits de l'Homme dans cette ex-république soviétique du Caucase.

Lors de cette visite, M. Aliev a assuré que "la situation des droits de l'Homme" dans son pays était "positive", toutes les "libertés fondamentales" étant "respectées", selon lui, comme la liberté de la presse ou le libre accès à Internet. "En Azerbaïdjan, personne n'est arrêté pour des raisons politiques", a-t-il encore affirmé.

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