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Air Canada abandonne l'idée d'acheter des avions CSeries à Bombardier

15/05/2014 07:09 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT
Bombardier

MONTRÉAL - Air Canada a porté jeudi un dur coup à Bombardier en décidant de ne pas remplacer immédiatement le reste de sa flotte d'appareils E190 d'Embraer. L'avionneur montréalais espérait voir le plus grand transporteur aérien au Canada devenir un de ses premiers clients pour son nouvel avion CSeries.

Après avoir choisi l'an dernier des Boeing 737 MAX pour remplacer 20 avions d'Embraer, la ligne aérienne avait dit étudier diverses options pour les 25 autres appareils restant de sa flotte.

Cependant, elle a indiqué jeudi que ces appareils de 90 sièges étaient toujours relativement jeunes et qu'elle préférait éviter de nouvelles dépenses en immobilisations et dettes, pendant qu'elle se concentre déjà sur des dépenses de près de 9 milliards $ pour d'autres nouveaux avions.

Au cours de l'année à venir, Air Canada prévoit ajouter 37 Boeing 787 Dreamliner à sa flotte, ainsi que jusqu'à 109 appareils 737 MAX, et dépenser 300 millions $ pour ajouter plus de sièges sur 18 Boeing 777.

«La question est d'analyser les bénéfices relatifs à ce que nous pouvons tirer en achetant de nouveaux avions, par rapport au travail qui peut être fait avec le reste de l'espérance de vie de nos avions existants», a expliqué le chef de la direction, Calin Rovinescu, à la suite de l'assemblée annuelle des actionnaires du transporteur.

«Lorsque ces avions seront près de la fin de leur durée de vie, nous devrons toujours remplacer ces 25 appareils à un certain moment, et nous aurons la totalité de notre flotte d'Airbus 319 de Rouge à remplacer avec un produit à fuselage étroit, mais ce n'est pas le genre de décision que nous prendrons demain.»

Même s'il ne sera pas intéressé à acheter d'autres avions avant quelques années, M. Rovinescu a indiqué que sa décision n'avait rien à voir avec la qualité des appareils de la CSeries.

«Nous aimons vraiment cet avion. C'est une question de coûts et de bénéfices. C'est aussi simple que ça, mais c'est un avion génial et j'aimerais sincèrement qu'ils connaissent du succès avec lui.»

Bombardier s'est dit déçu de la décision d'Air Canada, mais reste confiant de voir ses appareils être les mieux adaptés aux besoins du transporteur lorsqu'il ira éventuellement de l'avant avec de nouveaux achats d'avions à fuselage étroit.

«Ce n'est pas la meilleure issue pour l'instant mais nous sommes toujours optimistes et nous avons toujours une bonne impression pour ce qui est à venir», a affirmé la porte-parole Marianella Delabarrera. «Nous mettons cela de côté dans notre filière des occasions futures.»

Bombardier a reporté la livraison des appareils CSeries de 110 à 160 sièges au moins jusqu'à la deuxième moitié de 2015. Jusqu'à maintenant, l'avionneur a obtenu des engagements pour 447 avions CSeries de la part de 18 clients dans 15 pays, incluant 203 commandes fermes.

Porter Airlines est le seul client canadien pour la CSeries jusqu'à maintenant, avec une commande conditionnelle pour 12 appareils CS100 et 18 options, pour une valeur totale d'environ 2,08 milliards $ US. Cependant, cette commande est conditionnelle à l'obtention de l'approbation d'un prolongement des pistes à l'aéroport du centre-ville de Toronto et d'une autorisation pour y accueillir des appareils à réaction.

L'analyste Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, a estimé que la décision d'Air Canada était un élément négatif pour Bombardier. Il croyait que les appareils de la CSeries représentaient le remplacement idéal pour le transporteur.

«Nous n'avions pas prévu que la société choisirait de ne pas les remplacer du tout. Nous considérons que cette décision est un élément important négatif pour Bombardier et nous avions espéré que la commande d'Air Canada aurait amélioré le sentiment d'investissement entourant les nouvelles commandes de CSeries en 2014», a-t-il écrit dans un rapport.

À la Bourse de Toronto, l'action de Bombardier a retraité de 30 cents, soit 7,1 pour cent, à 3,90 $ sur un énorme volume de 42,6 millions d'actions. Le volume quotidien moyen pour le titre de Bombardier est d'environ 7,3 millions d'actions.

Par ailleurs, Air Canada (TSX:AC.B) a affiché jeudi une perte de 341 millions $, ou 1,20 $ par action, au premier trimestre, ce qu'il a notamment attribué à la faiblesse du dollar canadien. Le transporteur aérien avait perdu 260 millions $, ou 95 cents par action, à la même période l'an dernier.

La compagnie a expliqué que sa perte trimestrielle comprenait une perte sur change de 161 millions $ cette année, comparativement à 40 millions $ en 2013.

Ses revenus trimestriels sont passés de 2,952 milliards $ il y a un an à 3,065 milliards $ cette année.

La perte ajustée d'Air Canada a atteint 132 millions $, ou 46 cents par action, ce qui est supérieur de 1 cent à la prévision moyenne des analystes. En comparaison, le transporteur avait affiché une perte ajustée de 143 millions $, ou 52 cents par action, il y a un an.

M. Rovinescu a jugé que ces résultats étaient bons compte tenu des conditions météorologiques et de la situation difficile au chapitre des devises.

L'action d'Air Canada a retraité de 31 cents, soit 3,8 pour cent, pour clôturer à 7,91 $ à la Bourse de Toronto.

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