NOUVELLES

AfSud: un pasteur congolais arrêté à la demande de Kinshasa puis libéré sous caution

15/05/2014 10:50 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Un pasteur congolais, dont la République démocratique du Congo (RDC) réclame l'extradition après des attaques en décembre, a été arrêté jeudi en Afrique du Sud où il est demandeur d'asile puis remis en liberté sous caution, a-t-on appris auprès de son avocat.

"Nous avons obtenu sa remise en liberté sous caution", a indiqué à l'AFP son avocat sud-africain Ashraf Essop, après une audience devant le tribunal d'instance de Johannesburg.

Joseph Mukungubila Mutombo, âgé d'une cinquantaine d'années, avait été arrêté à l'aube par une escouade de policiers lourdement armés qui ont escaladé la clôture de sécurité de sa maison à Mondeor, dans la banlieue sud de Johannesburg, alors qu'il dormait avec sa femme et ses enfants.

"Les charges pesant contre lui sont dans le mandat d'arrêt délivré par Interpol après une plainte du gouvernement congolais", a ajouté l'avocat. Les autorités de Kinshasa ont formalisé leurs griefs "le 9 mai", il y a moins d'une semaine, selon le dossier.

Joseph Mukungubila Mutombo est accusé de "meurtre", "agression intentionnelle avec circonstances aggravantes", "destruction volontaire", "détention arbitraire et illégale", sans précision ou rappel des faits auxquels se rattachent ces poursuites, selon l'avocat.

Il a de nouveau rendez-vous avec le juge le 15 juillet.

"Ce que nous attendons, maintenant, c'est son extradition pour qu'il puisse répondre de ses crimes devant la justice en faisant jouer naturellement ses droits de la défense qui sont garantis là-bas (en Afrique du Sud, ndlr) et aussi en RDC", a réagi à Kinshasa Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais auprès de l'AFP.

"Ils ne peuvent pas l'extrader", a répété son avocat, rappelant que son client a fait une demande d'asile en Afrique du Sud, "reçu un récepissé" et est, à ce titre, protégé et autorisé à rester sur le territoire.

"Nous sommes allés à quatre reprises chercher le résultat de sa demande, et à chaque fois on nous a dit de revenir", a-t-il ajouté.

Le pasteur congolais Joseph Mukungubila Mutombo est accusé par les autorités de Kinshasa d'être derrières les attaques coordonnées ayant visé le 30 décembre plusieurs points stratégiques de Kinshasa et d'autres villes de la RDC.

Selon le gouvernement congolais, une centaine de personnes ont péri ce jour-là dans les violences liées à cet apparent coup d'Etat --aux circonstances toujours troubles plus de quatre mois après les faits-- et à sa répression brutale par les forces de l'ordre.

L'Afrique du Sud affiche d'excellentes relations avec le gouvernement de Joseph Kabila.

Vingt ressortissants congolais, accusés de comploter en Afrique du Sud pour renverser M. Kabila, avaient été arrêtés en février 2013 après une opération d'infiltration de la police sud-africaine, dénoncé comme un piège grossier par les proches des prévenus.

Quinze mois plus tard, le procès n'a toujours pas commencé et ils sont toujours en détention préventive.

clr-mj/hm

PLUS:hp