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Afrique du Sud: le plus grand syndicat du pays va fonder son parti

15/05/2014 11:17 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Le syndicat sud-africain des métallurgistes (Numsa), le plus puissant du pays, a décidé de fonder son propre parti politique, rompant définitivement son alliance avec l'ANC au pouvoir dont il critique la dérive néolibérale, a-t-il annoncé jeudi.

"La classe ouvrière a besoin de son propre parti politique. (...) La classe politique est orpheline", a indiqué le secrétaire général Irvin Jim à des journalistes au terme d'une réunion du comité central du syndicat.

"La classe ouvrière cherche une alternative aux politiques inadaptées de l'ANC", a-t-il ajouté, selon l'agence Sapa.

Le Numsa, qui se décrit comme "activiste, militant, révolutionnaire, en campagne et marxiste-léniniste", reproche au parti qui domine la vie politique sud-africaine depuis la fin de l'apartheid une dérive "capitaliste néolibérale", et veut mener "la guerre pour gagner le socialisme".

"L'ANC n'a rien fait après vingt ans de démocratie pour briser l'économie capitaliste coloniale d'apartheid qui est fondée sur la super-exploitation de la main d'oeuvre noire et africaine", a-t-il notamment écrit jeudi dans les conclusions de son comité central.

Le syndicat Numsa, qui revendique 341.000 adhérents, veut que la confédération syndicale Cosatu dont il fait partie brise son alliance historique avec l'ANC et le Parti communiste sud-africain.

"Nous ne changerons pas d'avis. Nous prendrons notre temps et organiserons des écoles politique, nous voyagerons en Amérique latine pour en apprendre davantage, et nous défendrons les besoins de la classe ouvrière", a souligné M. Jim.

Appelé provisoirement "United Front" (Front uni), le nouveau mouvement se présentera aux municipales de 2016 s'il est prêt d'ici là, a précisé le secrétaire général adjoint Karl Cloete.

Faisant allusion aux Combattants pour la liberté économique (EFF), le nouveau parti d'extrême gauche du tribun populiste Julius Malema, un ancien de l'ANC --il a été exclu en 2012-- qui veut lui aussi atteindre le socialisme et a obtenu plus d'un million de voix (6,35%) aux élections du 7 mai, il a relevé: "Nous ne voulons pas un million de voix, nous ne voulons pas moins. La classe ouvrière doit prendre le pouvoir!"

liu/jmc

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