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Une force paramilitaire dément les accusations d'abus au Darfour

14/05/2014 03:30 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

Des chefs d'une force paramilitaire au Soudan ont rejeté mercredi comme des "allégations mensongères" les accusations d'abus à leur encontre dans la région du Darfour en proie aux violences.

"Nous n'avons pas pillé. Nous n'avons pas brûlé de village. Nous n'avons pas commis de viol", a affirmé à Khartoum le général Abbas Abdelaziz, qui dirige les "Rapid Support Forces" (RSF).

"Toutes ces allégations contre nous sont des mensonges", s'est élevé pour sa part Mohammed Hamdan Dalgo, un commandant des RSF.

Ils s'exprimaient lors d'une conférence presse au lendemain de l'annonce dans la presse locale d'une plainte déposée par le Service national de renseignement et de sécurité (NISS) contre Sadek al-Mahdi, chef du parti d'opposition Oumma, qui aurait accusé les RSF d'avoir pillé et incendié des villages et commis des viols au Darfour (ouest).

Le NISS, autorité de tutelle des RSF, accuse M. Mahdi d'avoir délivré de fausses informations en affirmant que des "non-Soudanais" se battaient dans les rangs des RSF, et de saper ainsi le prestige de l'Etat.

Le chef de la mission ONU-Union africaine pour le Darfour Mohamed Ibn Chambas, a lui aussi accusé récemment les RSF de mener des attaques contre la population, en parlant d'agissements "particulièrement inquiétants" de cette force, devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Les RSF ont également été critiqués par l'Union européenne.

"Ce sont les rebelles qui détruisent les ressources hydriques, brûlent les villages et commettent des meurtres sur des bases ethniques. Ensuite, ils nous accusent à nous", a affirmé M. Abdelaziz, vêtu d'un uniforme portant les insignes du NISS.

Selon l'expert Magdi el-Gizouli, les RSF sont "presque comme une armée de mercenaires" dirigée par Dalgo.

- 'Pas d'étrangers' -

En 2003, des rebelles non arabes se sont soulevés pour réclamer la fin de la "marginalisation économique" du Darfour et un partage du pouvoir avec le gouvernement de Khartoum dominé par les Arabes.

Face à cette insurrection, des milices soutenues par le gouvernement connues sous le nom de Janjaweed, recrutées parmi les tribus arabes, ont sévi violemment contre la population civile, suscitant l'indignation à travers le monde.

Pour M. Abdelaziz, comparer les RSF aux Janjaweed est une insulte. Les RSF "ont été recrutées dans plusieurs unités et parmi les volontaires. Nous avons choisi des personnes ayant une expérience dans le combat. Nous avons fait très attention en les choisissant".

"Il n'y a pas d'étrangers parmi eux", a-t-il assuré précisant que la force compte au total plus de 6.000 éléments dont 1.500 membres des Forces armées soudanaises.

Pendant leur quatre mois d'entraînement, ils étudient les conventions internationales des droits de l'Homme et les droits des civils en zone de guerre, a-t-il soutenu. "Ils sont devenus des professionnels".

L'unité en tant que telle n'a rien fait de mal, "mais des fois un individu peut commettre un crime, et les médias et l'opposition utilisent ces incidents individuels contre nous", a-t-il accusé.

En 2013, le conflit au Darfour, qui a fait des centaines de milliers de morts et plus de deux millions de déplacés depuis 2003 selon l'ONU, se double d'une hausse de l'activité criminelle et de combats sanglants entre tribus arabes se disputant terre, eau et droits miniers.

Selon des sources diplomatiques et humanitaires, en brûlant des villages, les RSF se sont lancées dans une mission de contre-insurrection afin de saper tout soutien populaire aux rebelles.

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