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Les autorités centrafricaines condamnent le meurtre de Camille Lepage

14/05/2014 10:21 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

La présidence centrafricaine a condamné mercredi un "crime odieux et crapuleux" après la mort de la photojournaliste française Camille Lepage, tuée lors d'un reportage avec les milices anti-balaka dans l'ouest du pays.

"Il est inadmissible et intolérable qu'une personne qui ne faisait que son métier, soit ainsi fauchée à la fleur de l'âge", a réagi la présidente Catherine Samba Panza, qualifiant de "crime odieux et crapuleux" la mort de Camille Lepage, 26 ans, dont le corps a été rapatrié mercredi matin à Bangui.

Le gouvernement s'est lui aussi indigné de la disparition de la jeune femme, déplorant "qu'une fois de plus, la folie des armes arrachent à la tendresse et à l'affection de sa famille, ainsi qu'à une profession et à tout un pays, un des talents dont se nourrit la démocratie qui nous est chère", selon un communiqué.

Camille Lepage, dont les circonstances exactes de la mort ne sont pas encore connues, effectuait un reportage dans la région de Bouar (ouest), et a été tuée, selon des sources concordantes, lors d'une embuscade.

"Elle a subi des tirs et les anti-balaka ont remonté le corps ainsi que ceux de leurs compagnons", avant d'être interceptés par les militaires français de l'opération Sangaris, a expliqué mardi soir une source militaire, sous couvert d'anonymat.

Une enquête est en cours par la prévôté de Sangaris et la Misca (force africaine), selon l'ambassade de France à Bangui.

Le président François Hollande, qui a annoncé mardi soir le décès de la jeune femme, a promis de mettre en oeuvre "tous les moyens nécessaires pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers".

Le nord-ouest de la Centrafrique, où la journaliste effectuait son dernier reportage, est l'une des régions les plus touchées par les affrontements intercommunautaires et entre groupes armés depuis le début du conflit il y a un an.

La Centrafrique a sombré dans le chaos lorsque l'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, a pris brièvement le pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014 dans un pays composé à 80% de chrétiens, multipliant les exactions.

Les "anti-balaka", des milices chrétiennes hostiles aux Séléka et plus généralement aux musulmans, se sont formées, semant elles aussi la terreur parmi les civils.

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