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Lavrov: l'Ukraine au bord de la guerre civile

14/05/2014 07:42 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

L'Ukraine est "aussi près de la guerre civile qu'on puisse l'être", a déclaré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en relevant un climat non propice à la tenue d'élections "libres et équitables".

Le chef de la diplomatie russe a également répété que les séparatistes pro-russes devraient participer à la table ronde pour l'"unité nationale" prévue mercredi avec les représentants du gouvernement ukrainien, députés et élites régionales mais à laquelle les chefs séparatistes n'ont pas été invités.

"Lorsque des Ukrainiens tuent des Ukrainiens, je pense qu'on se retrouve aussi près de la guerre civile qu'on puisse l'être", a souligné M. Lavrov dans un entretien à Bloomberg TV.

Le chef de la diplomatie russe a ajouté que dans l'est et dans le sud de l'Ukraine, il y avait déjà une "guerre, une vraie guerre" avec "l'utilisation d'armes lourdes".

Mardi les services de sécurité ukrainiens ont annoncé que sept militaires ukrainiens avaient été tués par des tirs au lance-roquette d'insurgés pro-russes dans l'Est du pays, en proie depuis des semaines à une insurrection armée.

Si cet environnement "est propice à la tenue d'élections libres et équitables, je ne sais pas ce que +libre et équitable+ peut signifier", a souligné M. Lavrov en référence à l'élection présidentielle anticipée en Ukraine le 25 mai.

Engagé depuis la mi-avril dans une opération à l'encontre des séparatistes dans l'Est, Kiev s'efforçait de lancer mercredi le "dialogue national" encouragé par les Occidentaux, mais sans les séparatistes.

M. Lavrov a réclamé leur implication dans les discussions. "Pour que ce dialogue national réussisse, il est indispensable de s'assurer la participation de toutes les régions d'Ukraine, pas seulement celles de l'est et du sud mais aussi celles à l'ouest où se pose le problème de l'auto-détermination pour quelques minorités", a-t-il dit.

Mais le chef de la diplomatie russe a insisté sur le fait que Moscou n'avait "aucune intention" d'envoyer des troupes dans l'Est de l'Ukraine.

Il a également déclaré qu'il soupçonnait "fortement" la présence de mercenaires occidentaux, notamment américains, en Ukraine. "Aujourd'hui ces rumeurs refont surface et nous aimerions savoir si elles sont fondées au non", a-t-il ajouté.

Au sujet de la bonne exécution par la France du contrat de construction de deux navires de guerre de type Mistral destinés à la Russie, M. Lavrov a répondu que la France était "plus sérieuse quant à ses obligations contractuelles que le gouvernement ukrainien en ce moment". Interrogé s'il pensait au gaz, il a acquiescé de la tête.

"Beaucoup si ce n'est la plupart des pays européens n'ont pas envie d'une confrontation avec la Russie, surtout sur le plan économique. Nous n'allons pas manquer à une seule obligation contractuelle, que ce soit en Europe ou ailleurs. Je pense que c'est la manière dont devrait se comporter tout homme d'affaire et tout homme politique sérieux", a-t-il dit.

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