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La croissance du Japon s'est accélérée à 1,5% au 1er trimestre, bond de la consommation

14/05/2014 08:06 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

La croissance du Japon s'est accélérée entre janvier et mars pour atteindre 1,5% d'un trimestre sur l'autre, dopée par un bond des dépenses des ménages et des investissements des entreprises avant une hausse de la taxe sur la consommation.

Les économistes s'attendaient à cette montée en puissance, après une fin d'année 2013 au ralenti, mais n'avaient pas prévu une telle ampleur.

Le produit intérieur brut (PIB) pourrait toutefois prendre une direction inverse au deuxième trimestre et diminuer, les consommateurs restreignant leurs dépenses depuis la hausse de cette taxe le 1er avril.

Il s'agit du sixième trimestre consécutif de croissance pour la troisième puissance économique mondiale, que le Premier ministre de droite Shinzo Abe et la Banque du Japon tentent de relancer via une politique de dépenses budgétaires et d'assouplissement monétaire.

La croissance n'avait pas atteint un tel niveau depuis le trimestre de juillet à septembre 2011, lorsque l'économie s'était rétablie du choc provoqué par le séisme, le tsunami et l'accident nucléaire de Fukushima au mois de mars précédent.

Entre les mois de janvier et mars derniers, l'activité a été fortement tirée par les dépenses des ménages (+2,1%), qui se sont empressés d'acheter toutes sortes de biens durables (voitures, appareils électroniques et électroménagers) et consommables (articles alimentaires, de toilettes et d'entretien).

Les Japonais ont voulu acquérir ces produits tant que la taxe sur la consommation (équivalente à la TVA française) n'était que de 5%. Le 1er avril, elle est passée comme prévu à 8%, une décision du gouvernement pour soulager le système de protection sociale et contenir l'envolée de la dette publique.

Encouragées par cette frénésie acheteuse, les entreprises ont nettement augmenté leurs investissements (+4,9%). Les dépenses pour l'immobilier ont aussi grimpé (+3,1%).

Les importations (+6,3%) ont progressé plus vite que les exportations (+6,0%), car la forte demande intérieure a dopé les commandes en provenance de l'étranger, mais la croissance n'en a pas été affectée de façon dramatique.

Les pouvoirs publics ont de leur côté diminué leurs investissements (-2,4%), en raison de l'épuisement des budgets exceptionnels de relance votés au début 2013 peu après l'arrivée au pouvoir de M. Abe. Le Premier ministre a toutefois fait adopter depuis un nouveau train de mesures de soutien à l'économie pour la redynamiser à partir de ce printemps.

Après une baisse prévue du PIB entre avril et juin, l'enjeu pour l'archipel sera en effet de parvenir à générer de nouveau de la demande pour relancer la croissance.

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