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"Grace de Monaco" d'Olivier Dahan, enfin dévoilé à Cannes

14/05/2014 09:32 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

Comme des images de rêve d'un magazine people sur papier glacé, le film "Grace de Monaco" a enfin été dévoilé mercredi en ouverture du festival de Cannes mais ce combat de femme incarnée par une Nicole Kidman super-glamour n'a pas toujours convaincu les cinéphiles.

Le festival attendait cette oeuvre du Français Olivier Dahan avec impatience: sa sortie en salles a été repoussée plusieurs fois et, surtout, la famille princière avait clairement montré sa désapprobation à la seule lecture du scénario.

Le film s'ouvre pourtant par cet avertissement: "Ceci est une fiction inspirée de faits réels". "Ce n'est pas un biopic ... Je ne suis ni biographe, ni historien", a insisté devant la presse Olivier Dahan.

Alors, la famille Grimaldi a-t-elle eu raison de s'émouvoir ?

Le film, c'est le moins que l'on puisse dire, ne fait pas preuve d'insolence à l'égard de la mère d'Albert II, Caroline et Stéphanie.

Nous sommes en 1962. Mariée depuis six ans, l'actrice américaine Grace Kelly peine à réussir sa mue en princesse et à s'adapter à l'atmosphère compassée du palais. Elle est tentée de reprendre le chemin des studios d'Hollywood et d'y tourner pour Hitchcock. Mais Monaco est en conflit fiscal ouvert avec la France, au point que le général De Gaulle ordonne le blocus de la Principauté qui tente de résister.

Grâce doit choisir: rester aux côtés de Rainier ou reprendre sa carrière.

Dans des décors de rêve et de superbes images, Nicole Kidman, lumineuse, incarne donc une princesse tourmentée tandis que Rainier (Tim Roth) se débat pour trouver une issue à son conflit avec la France.

- Une taupe au Palais -

En robe lamée sur le yacht du richissime armateur Aristote Onassis, galopant avec la cantatrice Maria Callas ou en shopping chez un grand joaillier parisien, la princesse Grace enchaîne les tenues de grands couturier et les états d'âme.

Mais une taupe rode au Palais. Et c'est peut-être ce passage du scénario que la famille princière n'a pas apprécié, car Olivier Dahan fait de la propre soeur de Rainier, Antoinette -aujourd'hui décédée- une espionne à la solde des Français, prête à s'emparer du trône.

Qu'importe, l'amour triomphe toujours sur le Rocher et, comme dans les contes de fées, c'est un bal qui résoudra la crise diplomatique.

Pas de happy end pourtant pour le film de Dahan, présenté hors compétition. Les premières critiques ne sont pas tendres.

"Comment est-il même possible de faire un film ennuyeux à partir d'une histoire riche en ragots croustillants?", s'interroge le Hollywood Reporter, l'une des bibles américaines du cinéma.

"Cannes ouvre avec un biopic royal pire que Diana", le four dans lequel avait tourné Naomi Watts, écrit le Britannique The Guardian, tandis que son compatriote The Telegraph parle de "mélodrame incroyablement idiot".

En France, le magazine Telerama a vu un "film très premier degré, à la limite de la niaiserie".

Grace, qui sort mercredi en France et dans une bonne partie de l'Europe ce mois-ci, a pourtant tout pour séduire un large public.

Même les Etats-Unis pourront le voir. Le conflit artistique qui opposait Olivier Dahan à son distributeur américain Harvey Weinstein, est en voie d'être résolu.

Olivier Dahan accusait ce génie du marketing de vouloir "un film commercial, au ras des pâquerettes" et Weinstein refusait de sortir le film dans le montage voulu par Dahan.

"Harvey va sortir cette version-là et s'il y a quelques changements à faire, on les fera ensemble. Il n'y a plus de polémique", a assuré mercredi Olivier Dahan à la presse.

"Je crois en l'amour", dit Grace à la fin du film.

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