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Des prisonniers politiques iraniens battus par leurs gardiens (Amnesty)

14/05/2014 07:01 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

Des prisonniers politiques de la prison d'Evine, en Iran, ont été menottés et battus par leurs gardiens, affirme Amnesty International dans un rapport jeudi.

Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à Londres, plusieurs prisonniers ont été violemment frappés le 17 avril par leurs gardiens lors d'une fouille des cellules dans la section 350 de la prison d'Evine (nord de Téhéran), où sont détenus des prisonniers d'opinion.

Les responsables de sécurité ont répondu aux protestations de certains détenus "avec un niveau consternant de brutalité", les traînant sur le sol tout en les insultant, selon Said Boumedouha, le directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord de l'organisation.

Dans son rapport, intitulé "La Justice est un mot étranger: les mauvais traitements des prisonniers politiques à la prison d'Evine", Amnesty rapporte que des dizaines de détenus de la Section 350 ont subi des mauvais traitements et ont été battus.

"Les prisonniers ont eu les yeux bandés et les mains menottées, avant d'être forcés à passer entre deux rangées de gardiens munis de bâtons qui les ont frappés sur le dos, la tête et le visage", poursuit Amnesty.

Parmi les blessés, certains se sont vu refuser des soins médicaux, et 32 prisonniers ont été ensuite placés à l'isolement, certains forcés de se mettre nus avant d'être enfermés, ajoute l'ONG.

Téhéran a annoncé mercredi qu'une enquête avait été ouverte sur les accusations de violences à la section 350.

"Les ministères de la Justice et des Renseignements vont préparer un rapport sur les incidents de la prison d'Evine", a déclaré le vice-président Mohammad Bagher Nobakht. "Le rapport sera rendu public", a-t-il ajouté.

Lorsque les faits avaient pour la première fois été rapportés sur des sites internet d'opposants, les autorités iraniennes avaient nié toute agression, expliquant que les détenus avaient attaqué les gardiens après avoir refusé de quitter leurs cellules lors d'une fouille de routine.

Des militants locaux des droits de l'Homme ont baptisé le 17 avril "le jeudi noir".

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