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Un think tank suggère que l'UE achète les navires français destinés à la Russie

13/05/2014 11:16 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

Deux chercheurs allemands suggèrent mardi que l'Union européenne achète à la France les deux navires de guerre de type Mistral dont la vente à la Russie devient de plus en plus controversée en raison de la crise ukrainienne.

"La crise ukrainienne s'aggravant et les ambitions géostratégiques à long terme de la Russie restant imprévisibles, la France ne devrait en aucun cas armer la marine russe", selon Claudia Major et Christian Mölling, chercheurs à l'Institut allemand pour la politique internationale et la sécurité SWP.

Cette vente "mettrait en danger la sécurité de l'Europe (et) n'est donc pas seulement un problème français mais un problème européen", écrivent-ils dans un article publié sur le site de cette fondation financée par le gouvernement allemand.

Les Mistral, baptisés "bâtiments de projection et de commandement (BPC)", sont des navires de guerre polyvalents pouvant transporter des hélicoptères et des chars. Ils sont fabriqués par les chantiers navals DCNS et STX France.

"L'Union européenne a l'opportunité de résoudre le dilemme de la France en achetant et en utilisant les navires Mistral", estiment les deux chercheurs. Ces navires pourraient être affectés à des missions militaires, pour protéger les voies maritimes par exemple, mais aussi pour des missions civiles, comme base navale ou hôpital flottant dans les opérations humanitaires.

"Concrètement, les navires pourraient être placés sous le commandement commun des marines néerlandaise et belge. Ces deux pays ne nourrissent pas d'ambition de grande puissance maritime et sont rompus à la coopération. L'encadrement serait fourni par toutes les armées de l'UE".

"La France aurait ainsi fourni une contribution à l'Europe de la défense que le président français François Hollande entend relancer".

Les États-Unis font pression pour que Paris renonce à exécuter ce contrat, conclu en 2011 pour 1,2 milliard d'euros et qui avait alors suscité l'inquiétude des pays baltes, membres de l'Otan et de l'Union européenne. Le président français a déclaré samedi que le contrat n'était "pas remis en cause pour l'instant".

Les deux chercheurs ajoutent que si l'Union européenne achetait des armements pour des missions communes, afin de soulager les États qui cherchent à tout prix des débouchés à l'exportation pour une industrie subventionnée, ceux-ci devraient réduire en échange la taille de leur industrie de l'armement.

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