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Un plan pour lutter contre la traite des êtres humains

13/05/2014 11:00 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

Quelques 270.000 personnes seraient victimes en France d'exploitation sexuelle ou de travail forcé, une situation "préoccupante" dont s'est saisi le gouvernement français, qui va présenter mercredi "un plan d'action national contre la traite des êtres humains".

Ce plan avait été évoqué samedi par le président François Hollande lors de la journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage.

Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), la France est principalement un pays de destination des victimes de la traite, mais elle est aussi devenue un important pays de transit.

Le plan d'action contre la traite, qui doit être présenté mercredi en conseil des ministre par la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a été préparé avec la mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof), créée en novembre 2012.

Il "pose pour la première fois les fondements d'une politique publique de lutte contre la traite des êtres humains sous toutes ses formes: proxénétisme, réduction en esclavage, servitude domestique, soumission à du travail ou des services forcés, trafics d'organes, mendicité forcée...", souligne le ministère.

Le plan décline 23 mesures visant à identifier les victimes pour mieux les protéger, poursuivre et démanteler les réseaux de la traite et faire de cette lutte une politique publique à part entière.

Il prévoit par exemple la création de 50 postes de "médiateurs culturels" pour faciliter les actions de prévention à l'égard des groupes à risque, ou le développement de la formation des professionnels pour identifier et accompagner les victimes. En 2014, une campagne d'affichage visant à sensibiliser le public sera mise en place dans des lieux publics ciblés comme les aéroports ou les grandes gares.

La possibilité de délivrer un titre temporaire de séjour à une victime de la traite des êtres humains sera inscrite dans la loi.

Un recensement des besoins d'hébergement sera par ailleurs effectué.

Le plan vise aussi à "construire un parcours de sortie de prostitution", assurer un accompagnement spécifique des mineurs victimes de la traite et mobiliser tous les moyens d'enquête (justice, inspecteurs du travail ou Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère des Finances) contre les réseaux.

Pour démanteler ces réseaux, la France mise sur un renforcement de la coopération européenne et internationale.

Le financement du plan sera assuré par "plusieurs programmes budgétaires de l'Etat et la création d'un fonds qui sera défini en loi de finances pour 2015".

ito/db/pad

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