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Traité transatlantique: Schulz et Juncker critiquent la poursuite des négociations juste avant les européennes

13/05/2014 03:28 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

Les deux principaux candidats à la présidence de la Commission européenne, Martin Schulz et Jean-Claude Juncker, ont critiqué mardi la poursuite des discussions sur le futur traité de libre-échange transatlantique (TTIP), à quelques jours des élections européennes le 25 mai, M. Schulz demandant leur suspension provisoire.

Le candidat social-démocrate Martin Schulz s'est dit "préoccupé" par le fait que "la Commission (européenne) négocie le 22 et le 23 mai, deux jours avant l'élection et même pendant que les élections sont en route".

Un cinquième round de négociations entre Européens et Américains est prévu la semaine prochaine à Bruxelles.

"Je fais un appel ici à la Commission à suspendre ces négociations. On ne peut pas négocier à un moment où un tel projet est si controversé en Europe", a-t-il lancé lors d'un débat sur la chaîne de télévision française LCI avec son principal adversaire Jean-Claude Juncker (PPE, conservateur).

"C'est un signal à nouveau d'une certaine arrogance à la Commission", a ajouté M. Schulz mettant en cause le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht qui "ignore cette controverse énorme et continue à négocier".

"Si je devenais président de la Commission, a déclaré pour sa part M. Juncker, je ne tiendrais pas compte des arrangements de dernière minute avant le scrutin". Il s'est dit "un peu surpris tout de même que pendant les derniers jours d'une campagne électorale, on essaie de créer des faits".

L'ancien Premier ministre luxembourgeois s'est dit sur le fond favorable à ce que le traité transatlantique soit conclu "parce que c'est dans l'intérêt et des Etats-Unis et de l'Europe et de la croissance et de l'emploi". "Mais, a-t-il ajouté, on ne peut pas conclure un traité avec les Etats-Unis, sans prendre en considération l'essentiel des exigences européennes. (...) Nous avons des valeurs européennes à défendre dans ce genre de négociations".

Les OGM et la protection de la sécurité alimentaire figurent parmi ces fortes exigences européennes et "si la prochaine Commission prenait de la distance par rapport à ces exigences, il est évident que le Parlement dirait non à ce traité", a prévenu M. Juncker.

L'accord de libre-échange transatlantique suscite de fortes réserves, notamment de la part de parlementaires européens qui dénoncent son opacité et craignent qu'il affaiblisse les normes sanitaires, environnementales et sociales européennes.

Pour Martin Schulz, président du Parlement européen, il est "question du futur de notre relation avec les Etats-Unis et sans respect de nos valeurs, de nos standards sociaux, environnementaux, écologiques, de la protection des consommateurs et de nos données, il n'y aura pas d'accord avec les Américains, s'ils ne sont pas prêts à accepter nos standards".

Le TTIP vise à éliminer les barrières commerciales entre les deux continents et à réduire les obstacles aux échanges de biens et de services entre l'UE et les Etats-Unis. L'Union européenne espère conclure les négociations l'an prochain, avant la fin du second mandat du président Obama.

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