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Le vice-Premier ministre russe a survolé deux pays de l'UE "frauduleusement" (Bucarest)

13/05/2014 11:52 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

Le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine, visé par des sanctions européennes, a survolé vendredi la Roumanie et la Bulgarie, deux membres de l'UE, "de manière frauduleuse", a déclaré le ministre roumain des Affaires étrangères Titus Corlatean à la télévision roumaine Digi 24.

Le vol privé qui a amené le vice-Premier ministre russe à Chisinau, en Moldavie, la semaine dernière avant une visite dans la région séparatiste russe de Transdniestrie "a survolé de manière frauduleuse les espaces aériens bulgare et roumain", a indiqué M. Corlatean.

Bruxelles a frappé 61 personnalités russes ou pro-russes dont M. Rogozine d'une interdiction de visa et de survol du territoire communautaire en raison de leur rôle dans la crise ukrainienne.

Interrogée sur cet épisode mardi, la Commission européenne a reconnu que "la mise en oeuvre des mesures restrictives n'est pas toujours très facile".

"Il y a des cas qui sont très complexes et par exemple ce cas là", a indiqué la porte-parole de Catherine Ashton, Maja Kocijancic.

M. Rogozine comptait initialement survoler l'Ukraine pour se rendre en Moldavie mais Kiev s'y était opposé.

Selon M. Corlatean, l'avion privé dans lequel voyageait M. Rogozine n'a pas communiqué aux autorités aériennes bulgare et roumaine la liste des passagers.

"Ce survol s'est passé de manière frauduleuse parce qu'aux questions posées par les Bulgares et par les autorités compétentes roumaines (sur la présence ou non de personnes visées par des sanctions, ndlr), ont été données des réponses évasives, il y a eu des interruptions de communication et même un mensonge. Il a été repondu aux Bulgares qu'il (M. Rogozine) n'était pas sur la liste des passagers", a expliqué le chef de la diplomatie roumaine.

"Chez nous, ils ont essayé de gagner du temps avec de soi-disant interruptions de communications", a-t-il ajouté.

La confirmation que M. Rogozine était à bord n'a été obtenue qu'une fois qu'il était arrivé à Chisinau.

La Roumanie lui a alors interdit le survol de son territoire pour son retour en Russie, suscitant la colère de M. Rogozine.

Revenu à Moscou par un avion de ligne, il avait notamment tweeté: "La Roumanie, à la demande des Etats-Unis, a clos son espace aérien pour mon avion. L'Ukraine ne me laisse pas passer de nouveau. La prochaine fois je viendrai en TU-160", un bombardier.

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