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L'ambassadeur jordanien libéré, un jihadiste libyen remis en contrepartie

13/05/2014 04:02 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

L'ambassadeur jordanien en Libye enlevé en avril à Tripoli a été libéré mardi et un jihadiste libyen remis en contrepartie alors que rapts et attaques visant les représentations diplomatiques se multiplient en Libye depuis la chute du régime de Kadhafi.

Fawaz al-Aitan est arrivé en fin de matinée à Amman à bord d'un appareil militaire, où il a été accueilli par sa famille et un représentant du roi Abdallah II, le prince Fayçal ibn al-Hussein, selon un correspondant de l'AFP.

Le diplomate qui est apparu fatigué, a déclaré à des journalistes que ses ravisseurs l'avaient "traité humainement" et qu'il pensait qu'il s'agissait de membres de la famille du jihadiste libyen Mohamed Saïd Al-Doursi.

"L'ambassadeur se porte bien", avait déclaré auparavant le ministre des Affaires étrangères Nasser Joudeh à la télévision officielle jordanienne.

M. al-Aitan a été enlevé à la mi-avril et son chauffeur blessé par balles, dans une attaque contre son convoi à Tripoli où les milices font la loi depuis la chute du régime de Kadhafi.

Son enlèvement n'avait pas été revendiqué, mais des sources libyennes avaient affirmé que les ravisseurs réclamaient la libération de Mohamed Saïd Al-Doursi.

La libération du diplomate jordanien est intervenue mardi à 06H30 locales (03H30 GMT) a indiqué à l'AFP le ministre jordanien chargé des Affaires parlementaires, Khaled al-Kalaldah qui a annoncé que la Jordanie avait remis en échange à Tripoli un jihadiste libyen.

"La semaine dernière Mohamed Saïd Al-Doursi a été remis aux autorités libyennes conformément à un accord conclu" avec la partie libyenne, a déclaré M. Kalaldah.

"Al-Doursi doit purger le restant de sa peine en Libye" conformément à l'accord conclu entre les deux pays, a précisé le ministre.

Tripoli n'a pas réagi dans l'immédiat à cet échange. Interrogé par l'AFP, le ministre libyen de la Justice, Salah Al-Marghani n'a pas souhaité s'exprimer.

Mais selon le frère de Mohamed Saïd al-Doursi, ce dernier a retrouvé sa famille à Tripoli. Il "est bien arrivé à Tripoli. Il est parmi les siens. Il doit rentrer sous peu à Benghazi (est)", a indiqué à l'AFP son frère Ahmed, précisant qu'il était "libre" de ses mouvements.

Mohamed Saïd Al-Doursi, alias Mohamed Al-Noss, avait été condamné en 2007 à la réclusion à perpétuité et était détenu en Jordanie pour son implication présumée dans la planification d'un attentat à l'aéroport d'Amman.

La Libye avait indiqué avoir établi des contacts indirects avec les ravisseurs puis annoncé le 8 mai avoir ratifié un accord pour un échange avec Amman.

- Un pays livré aux milices -

Un employé et un diplomate de l'ambassade de Tunisie en Libye ont également été enlevés à Tripoli le 21 mars et le 17 avril.

Un groupe inconnu appelé "Chabab Al-Tawhid" avait diffusé une vidéo le 21 avril montrant l'employé de l'ambassade demandant aux autorités tunisiennes de négocier avec les ravisseurs.

Celles-ci avaient réagi en affirmant qu'elles n'accepteraient jamais de négocier sous la pression.

Selon Tunis, les ravisseurs exigent la libération de "terroristes libyens" condamnés à de la prison pour leur implication dans l'"opération terroriste" de Rouhia, près de Jendouba (nord-ouest de la Tunisie).

En mai 2011, deux officiers étaient morts au cours de cette opération dans un échange de tirs avec des hommes soupçonnés d'appartenir à Al-Qaïda.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, les représentations diplomatiques en Libye sont régulièrement la cible d'attaques et d'enlèvements.

L'attaque la plus spectaculaire a été perpétrée contre le consulat américain à Benghazi en septembre 2012, provoquant la mort de l'ambassadeur américain Chris Stevens et trois autres Américains.

Cinq diplomates égyptiens ont également été enlevés en janvier et détenus durant deux jours par une milice qui aurait réclamé la libération de son chef arrêté en Egypte.

Des groupes extrémistes à l'influence grandissante sont régulièrement accusés d'être derrière ces attaques rarement revendiquées.

Les autorités libyennes de transition, qui ne sont pas parvenues à former une police et une armée professionnelles, avaient reconnu pour la première fois en mars la présence en Libye de groupes terroristes, leur déclarant la guerre et appelant la communauté internationale à l'aide.

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