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La NSA a donné de l'argent au Canada pour financer un programme d'espionnage

13/05/2014 05:12 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:13 EDT
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L’Agence nationale de sécurité (NSA) a payé le Canada pour l’aider à développer ses capacités de surveillance, selon des documents publiés par Glenn Greenwald dans son nouveau livre.

Dans «No Place To Hide», Greenwald, le journaliste derrière les révélations d’Edward Snowden, a révélé qu’en 2012, le Canada était le 4e plus grand receveur de fonds de la NSA visant à couvrir les coûts de recherche et développement et les coûts technologiques des pays partenaires. Seulement le Pakistan, la Jordanie et l’Éthiopie auraient reçu plus d’argent que le Canada. Le document n’indique toutefois pas la somme exacte qu’a reçu le Canada, mais suggère que le pays aurait reçu entre 300 000 et 400 000$ en 2012.

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Le livre de Greenwald dévoile également des détails quant à la manière dont la NSA utilisait sa relation avec l’agence de surveillance canadienne, le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC), à des fins d’espionnage. Dans un document publié par Greenwald, la NSA explique qu’elle coopère avec le CSTC en ciblant environ une vingtaine de pays prioritaires. Les noms des nations espionnées ne seraient pas inclus dans le document et la section suivant cette déclaration est caviardée.

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Le document révèle aussi que le CSTC aurait fourni à la NSA un accès aux «sites secrets à la demande» de l’agence américaine et aurait partagé avec elle son «accès géographique unique aux régions incessibles aux États-Unis».

Le CSTC n’est pas censé espionner les Canadiens, mais il a admis qu’il lui arrivait de surveiller «incidemment» les citoyens. Ce document remet donc en question le nombre d’informations qui auraient été interceptées au Canada et ensuite partagées avec la NSA.

Le Canada est un membre de l’alliance de surveillance Five Eyes, incluant les États-Unis, l’Angleterre, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Dans un document de la NSA cité dans le livre «No Place To Hide», le groupe est caractérisé comme une coopération globale.

Le livre de Greenwald traite par ailleurs de la manière donc le CSTC aurait mené une opération d’espionnage visant l'industrie minière brésilienne.

Le CSTC a précédemment confié au Globe and Mail qu’il recevait parfois des fonds étrangers en tant que membre de l’alliance Five Eyes. En automne dernier, un représentant a affirmé que cet argent servait à de la recherche cryptologique. La cryptologie est l’étude de la résolution des codes.

Les documents cités dans le livre de Greenwald sont la première preuve concrète que c’est la NSA et non l’alliance des Five Eyes qui a fourni des fonds au Canada pour de l’espionnage.

Dans «No Place To Hide», Greenwald suggère que cet argent a un prix. «En payant son partenaire pour développer certaines technologies et s’adonner à de la surveillance», la NSA «peut diriger la façon dont l'espionnage est réalisé.»

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