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La France pourrait protéger le studio de Picasso où a été créée «Guernica»

13/05/2014 04:24 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT
AP
This Tuesday Feb. 21, 2012 photo of Pablo Picasso's 'Guernica' painting is seen displayed at the Reina Sofia Museum in Madrid. Experts have long been concerned about the health of Picasso's "Guernica," one of the world's most iconic paintings but one which is diagnosed as extremely delicate after a hectic life. A mobile, robot-like structure, which using advanced infrared and ultraviolet photographic technology, is taking thousands of microscopic shots of the painting to allow analysts to penetrate the work like never before and see its real condition. The mechanism has been constructed precisely so that the "Guernica" is not endangered in any way by having to be moved to a conservation laboratory, where normally such investigative work would be done. (AP Photo/Paul White)

PARIS - La France s'est attaquée à l'héritage malmené de Pablo Picasso sur deux fronts, mardi, congédiant la directrice du musée fermé consacré à son oeuvre, et recommandant la protection de l'État pour le studio où il a peint «Guernica».

La réouverture du musée, fermé depuis cinq ans pour rénovations, a été reportée au mois de septembre. La ministre française de la Culture a déclaré qu'Anne Baldassari, qui supervisait les travaux et dirigeait le musée depuis une décennie, avait été renvoyée en raison du besoin de «rouvrir dans les meilleures conditions, protéger les employés et restaurer la confiance entre le musée et ses partenaires».

Claude Picasso, le fils du peintre, a dénoncé au début du mois les retards dans la réouverture du musée, l'une des principales attractions artistiques de Paris. Les rénovations d'environ 78 millions $ de l'hôtel de Sale, dans le célèbre quartier du Marais, devraient permettre de doubler le nombre de visiteurs possibles, et de présenter 400 oeuvres dans 37 salles, précise le ministère.

En entrevue au Figaro plus tôt ce mois-ci, M. Picasso a confié que la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, lui avait dit que les problèmes pour mettre des gardes de sécurité en place, tel qu'exigé selon les lois françaises, étaient responsables du retard. M. Picasso a l'impression que la France «n'a cure» de son père.

Le ministère a alors répliqué par voie de communiqué, s'en prenant aux informations «erronées» des médias à propos du retard, et demandant à «tous d'aller au-delà des intérêts personnels» et de faire preuve d'enthousiasme face à la réouverture prochaine. La beauté du musée et ses riches collections «ne souffriront pas d'une réouverture en septembre», poursuit le ministère.

Guernica

L'autre controverse tourne autour du destin d'un studio de la Rive-Gauche où Picasso a vécu et travaillé pendant 19 ans, et où il a peint sa célèbre fresque pacifiste «Guernica» en 1937. Un groupe voué à la préservation des lieux historiques a suggéré mardi de faire passer l'endroit sous sa responsabilité.

Il y a cependant encore loin de la coupe aux lèvres. Une société possédait déjà l'hôtel de Savoie, un hôtel particulier du 17e siècle, bien avant que Picasso n'y installe son studio, et désire désormais le rénover — et peut-être en faire un hôtel de luxe. Certains amateurs d'art bien connus sont outrés, et martèlent que le studio doit être protégé.

L'affaire a soulevé des questions quant à la possibilité de protéger les lieux de naissance de grandes oeuvres d'art — et pas seulement les oeuvres elles-mêmes —, les intégrant ainsi au patrimoine culturel des États.

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