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Inquiétude d'Occidentaux pour une Soudanaise risquant la mort pour apostasie

13/05/2014 04:06 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

Des ambassades occidentales au Soudan ont exprimé mardi leur "vive inquiétude" à propos du cas d'une Soudanaise condamnée pour apostasie et qui risquerait la peine de mort.

Meriam Yahia Ibrahim Ishag, âgé de 27 ans et enceinte de huit mois, a été condamnée dimanche pour "apostasie" par un tribunal de Khartoum qui lui a donné jusqu'à jeudi, date de la prochaine audience, pour abjurer sa foi ou faire face à une possible condamnation à mort, affirme Amnesty International qui la présente comme "chrétienne".

"Nous appelons le gouvernement du Soudan à respecter le droit à la liberté de religion, notamment le droit à changer de foi ou de croyances", indiquent dans un communiqué conjoint les ambassades des Etats-unis, du Canada, de Grande-Bretagne et des Pays-Bas.

Ce droit est stipulé dans la constitution intérimaire soudanaise de 2005 ainsi que dans les textes internationaux sur la défense des droits de l'Homme, ajoutent les chancelleries qui exhortent les autorités judiciaires à gérer le cas de Mme Ishag "avec compassion".

Selon Amnesty International, la Soudanaise risque également jusqu'à 100 coups de fouet pour "adultère".

Mme Ishag, précisé l'ONG basée à Londres, a été élevée en tant que chrétienne orthodoxe, la religion de sa mère, car son père, un musulman, était absent lors de son enfance. Elle s'est ensuite mariée avec un chrétien du Soudan du Sud.

Or, selon la loi islamique en vigueur au Soudan, une femme musulmane ne peut épouser un homme d'une autre religion, souligne Amnesty.

Le régime islamiste soudanais a introduit la charia (loi islamique) en 1983 mais les condamnations à mort sont rares.

Selon Christian Solidarity Worldwide, une ONG basée en Grande-Bretagne qui défend la liberté religieuse, le cas de Mme Ishag est le dernier en date d'une "série d'actes répressifs" contre les minorités religieuses au Soudan.

Les expulsions, la confiscation et la destruction de propriétés de l'Eglise et d'autres actes contre les chrétiens ont augmenté depuis fin 2012, indique l'ONG.

Le ministre soudanais de l'Information Ahmed Bilal Osmane a cependant démenti toute oppression des chrétiens du Soudan. "Nous vivons ensemble depuis des siècles", a-t-il assuré à l'AFP.

Les expulsions ont seulement concerné des personnes cherchant à convertir des Soudanais, ce qui est interdit, a-t-il dit, ajoutant que si des bâtiments avaient été détruits, c'est qu'ils n'avaient pas obtenu d'autorisation.

"Même une mosquée, vous ne pouvez pas la construire sans un permis", selon lui.

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