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Gaz: Kiev menace de poursuivre la Russie en justice, et l'accuse de lui avoir volé du gaz

13/05/2014 10:18 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a menacé mardi la Russie de la poursuivre en justice si elle ne baisse pas ses prix du gaz, et l'a accusée de lui avoir volé du gaz en annexant la Crimée.

"Nous avons envoyé à Gazprom une notification avant procès demandant à la Russie de revoir rapidement l'accord (sur les prix du gaz) qui doit être basé sur les conditions de marché. Si la Russie rejette cela, nous la poursuivrons devant la Cour (d'arbitrage)à Stockholm", a déclaré M. Iatseniouk lors d'une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec la Commission européenne à Bruxelles.

"Il leur reste 20 jours. C'est le dernier appel à la Russie pour s'assoir à la table des négociations et trouver une solution", a-t-il ajouté, en appelant une nouvelle fois Moscou à "arrêter d'utiliser le gaz comme un nouveau type d'arme".

M. Iatseniouk a aussi accusé la Russie d'avoir "saisi des biens ukrainiens" lors de l'annexion de la Crimée, en évoquant un montant de 10 milliards de dollars, notamment avec les compagnies pétrolières et gazières. "Ils ont volé plus de 2 milliards de mètres cube de gaz", a-t-il ajouté. "Nous règlerons cela aussi devant les tribunaux".

Après la destitution du président Viktor Ianoukovitch et l'arrivée au pouvoir de nouvelles autorités pro-européennes, la Russie a mis fin aux réductions qu'elle accordait à l'Ukraine. Le prix du gaz russe appliqué à l'Ukraine a été porté à 485 dollars pour 1.000 mètres cube, l'un des plus élevés des pays d'Europe.

En moyenne les pays de l'UE paient entre 350 et 400 dollars les 1.000 mètres cube.

M. Iatseniouk a promis que si Moscou revenait au prix précédent de 268 dollars, "l'Ukraine paierait ses arriérés dans les 10 jours".

Le géant russe Gazprom a réclamé mardi à la compagnie publique ukrainienne Naftogaz 1,66 milliard de dollars de pré-paiement pour ses livraisons de gaz du mois de juin. Elle a indiqué que les "arriérés" s'établissaient actuellement à 3,505 milliards de dollars.

Lundi, Gazprom avait prévenu qu'il couperait ses livraisons de gaz à l'Ukraine dès le 3 juin si Kiev n'avait pas réglé d'ici là sa facture à l'avance pour ce mois.

Appelant Moscou à cesser de "soutenir les manifestants et les terroristes menés par la Russie", M. Iatseniouk a assuré que la "Russie échouerait à faire de l'Ukraine un Etat en déliquescence".

De son côté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a dit "espérer que la Russie prenne en considération les préoccupations de l'Ukraine et fasse baisser les prix". Il a souhaité qu'un accord intervienne "avant la fin mai".

L'Union européenne, la Russie et l'Ukraine cherchent une date et un lieu pour une nouvelle rencontre consacrée à la sécurité de l'acheminement du gaz russe via l'Ukraine, a-t-on appris mardi auprès de la Commission européenne.

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