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Filières jihadistes avec la Syrie: sept personnes arrêtées en France

13/05/2014 02:38 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

Sept personnes soupçonnées de s'être rendues en Syrie ont été arrêtées mardi lors d'un coup de filet du contre-espionnage à Strasbourg (est), alors que la France a adopté un plan de lutte contre les filières jihadistes vers la Syrie.

L'opération, menée par une unité d'intervention d'élite de la police, s'est déroulée à la Meinau, quartier populaire du sud de Strasbourg, près de la frontière avec l'Allemagne.

Les suspects sont âgés de 23 à 25 ans, selon une source judiciaire. Ils font partie, selon des sources concordantes, d'un groupe d'une dizaine de personnes de la Meinau parties en Syrie en décembre, dont deux jeunes frères morts sur place. Ces morts avaient déclenché en début d'année une mobilisation contre "l'endoctrinement jihadiste" dans ce quartier.

Les jeunes arrêtés se seraient rendus en Syrie prétextant "des vacances" et sont rentrés fin mars. Ils sont "susceptibles d'avoir rejoint un camp d'entraînement", selon une source policière, et se sont "beaucoup manifestés" sur internet via des réseaux sociaux. Ils y auraient pris des contacts avec une filière d'embrigadement.

L'enquête devra "éclaircir tous ces points", a ajouté cette source, et "déterminer leur parcours notamment s'ils ont, ou non, combattu dans les rangs jihadistes". Aucune arme n'a été découverte lors des perquisitions mardi.

Selon une riveraine, "tout le monde savait" dans la cité que deux des jeunes partis en décembre combattre en Syrie "étaient revenus".

- 780 partis en Syrie -

Selon une source proche du dossier, les policiers s'intéressent à un certain Mourad Fares, 29 ans, considéré par les services français comme un important "facilitateur". Il recrute des Français via les réseaux sociaux et se trouve toujours en Syrie. Il est apparu dans plusieurs dossiers, comme celui de deux mineurs du sud-ouest rentrés après avoir été dans la zone frontalière turco-syrienne.

Cet homme est considéré comme un propagandiste et un spécialiste de la logistique et du recrutement, expliquait récemment à l'AFP une source proche du dossier. Il gèrerait aussi le "transit" des jihadistes français d'un côté à l'autre de la frontière, utilisant un hôtel côté turc, selon une autre source. Egalement connu comme "Mourad al-Faransi" (Mourad le Français), il a été repéré sur la scène syrienne en juillet, précise une autre source proche du dossier.

L'opération de mardi est une "nouvelle démonstration de la détermination totale du gouvernement à lutter de toutes ses forces contre le terrorisme et l'embrigadement des jeunes dans la radicalisation violente", a déclaré le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Le gouvernement a lancé en avril un plan contre les filières jihadistes vers la Syrie, avec la mise en place d'une plateforme internet et d'un numéro vert destinés à signaler les candidats, potentiels ou avérés, au jihad.

De source proche du dossier, quelque 780 personnes vivant en France ont rallié en Syrie les rangs des groupes jihadistes, sont en route vers ce pays ou en sont revenues. La mort d'une petite trentaine d'entre elles a été recensée, selon cette source.

M. Cazeneuve avait chiffré début mai à 285 les Français actuellement engagés en Syrie, soit "une hausse de 75% ces six derniers mois", "comparable à celle des ressortissants d'autres pays européens". Il avait précisé qu'une centaine seraient déjà revenus en France après avoir combattu.

En France, plusieurs dizaines de procédures judiciaires sont ouvertes contre des jihadistes présumés. Les services de renseignement redoutent qu'à leur retour certains ne commettent des actes terroristes.

Ils craignent notamment l'émergence de nouveaux "Mohammed Merah", du nom de ce Franco-Algérien de 23 ans se réclamant d'Al-Qaïda qui avait froidement assassiné trois militaires et trois enfants et un enseignant juifs en mars 2012, avant d'être tué par la police dans le sud-ouest de la France.

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