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Afrique du Sud: la police déployée autour de la mine de Marikana

13/05/2014 01:10 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

Un fort contingent de police sera déployé dans la nuit de mardi à mercredi aux abords de la mine de platine de Lonmin à Marikana (nord) après les violences qui perturbent depuis plusieurs jours les efforts de l'entreprise pour mettre fin à près de quatre mois de grève.

"Il va y avoir un déploiement massif juste pour garantir que nous assurons le respect de l'Etat de droit à ceux qui veulent reprendre le travail", a indiqué un porte-parole de la police Thulani Ngubane à l'AFP.

"Cela va démarrer dans la nuit. (...) Il y aura des escortes de la police" depuis les parkings d'où partent les bus amenant les mineurs aux mines, a-t-il précisé.

Trois mineurs ont été tués depuis le week-end dernier, manifestement victimes de leur affiliation syndicale rivale du syndicat radical Amcu à l'origine de la grève, l'un pendu dans son bidonville avec son épouse, l'autre tué à la machette sur le chemin du travail et l'autre mort dans l'incendie de sa maison.

Six autres personnes ont été agressées à coup de machette, selon la police, alors que ce mouvement social entamé le 23 janvier pour réclamer de fortes augmentations de salaire était jusqu'à présent demeuré relativement pacifique, avec seulement un mort à déplorer.

Signe de la tension ambiante, plusieurs échoppes ambulantes ont été incendiées mardi aux abords du principal puits de Lonmin, a constaté un photographe de l'AFP, tandis qu'une soixantaine de manifestants armés de bâtons et de haches ont défilé dans le bidonville voisin.

Lonmin somme ses mineurs de reprendre le travail mercredi et d'en finir avec la grève suivie par plus de 70.000 mineurs dans l'ensemble de ce bassin minier.

Amcu campe depuis le début sur ses revendications d'un salaire de base des mineurs portés à 12.500 rands, acceptant tout au plus que l'augmentation puisse s'étaler sur quatre ans.

Ses dirigeants ont rejeté une offre commune de Lonmin et des deux autres grands producteurs de platine, Anglo American Platinum (Amplats) et Impala Platinum (Implats) qui proposaient de parvenir à la somme demandée de 12.500 rands en 2017 mais en y incluant les primes et les allocations diverses.

Les patrons miniers tentent depuis de contourner les syndicats et de contacter directement les mineurs pour qu'ils reprennent le travail. Ce qu'on déjà fait un petit nombre d'entre eux chez Amplats, selon cette entreprise.

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