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La communauté internationale rejette le référendum en Ukraine (VIDÉO)

12/05/2014 06:32 EDT | Actualisé 12/05/2014 12:34 EDT

Le président ukrainien par intérim, Oleksander Tourtchinov, a qualifié lundi matin de « farce » sans conséquences juridiques pour Kiev le référendum d'autodétermination organisé la veille par les séparatistes prorusses de l'est du pays.

Il a également accusé la Russie de chercher à perturber la tenue de l'élection présidentielle anticipée du 25 mai et à renverser le pouvoir ukrainien en place à Kiev depuis la chute du président Viktor Ianoukovitch.

« Ces processus sont inspirés par la direction de la Fédération de Russie et destructeurs pour les économies des régions de Donetsk et Louhansk, ils menacent les vies et le bien-être des citoyens et ont pour but la déstabilisation de la situation en Ukraine, la perturbation des élections présidentielles et le renversement des autorités ukrainiennes », écrit-il dans un communiqué.

Sans surprise, le référendum organisé dimanche dans les régions de Donetsk et Louhansk, dans l'est de l'Ukraine, a consacré les velléités séparatistes du Donbass. Selon les autorités prorusses locales, le « oui » l'a emporté à 89 % dans l'« oblast » de Donetsk, où les séparatistes ont proclamé début avril une « République populaire de Donetsk ».

Les électeurs devaient répondre à la question : « Soutenez-vous la proclamation d'autodétermination de la République populaire de Donetsk ? »

Nouvelles sanctions internationales

Le Canada a aussi qualifié de farce les référendums de dimanche, estimant qu'ils constituaient une autre tentative des séparatistes prorusses de provoquer des violences et de diviser encore plus le pays. Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a déclaré que le seul scrutin légitime serait celui de l'élection présidentielle du 25 mai prochain.

La communauté internationale a également condamné ce référendum.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis à Bruxelles, envisagent de nouvelles sanctions contre la Russie, accusée de déstabiliser l'Ukraine.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans, a indiqué lundi s'attendre à ce que les pays membres de l'Union européenne s'accordent dans la journée sur une extension de la liste des personnalités russes ciblées par des sanctions.

Les 28 ministres des Affaires étrangères devraient approuver un élargissement du cadre légal des sanctions contre la Russie, afin de faciliter le gel des avoirs de sociétés impliquées dans la crise ukrainienne.

Les nouvelles sanctions ne devraient cependant concerner dans un premier temps que des entreprises ou personnalités ayant joué un rôle direct dans l'annexion de la Crimée et épargner le géant énergétique Gazprom.

L'UE a jusqu'à présent imposé un gel des avoirs et une interdiction de voyager à 48 personnalités ukrainiennes et russes. Ce serait la première fois que des sanctions européennes viseraient des entreprises, même si Bruxelles reste dans ce domaine beaucoup plus prudente que Washington.

Moscou dit respecter la volonté du peuple

La présidence russe a déclaré lundi qu'elle respectait la volonté du peuple exprimée lors de ces référendums d'autodétermination.

« A Moscou, nous respectons la volonté du peuple des régions de Donetsk et Louhansk et comptons sur une mise en œuvre pratique de l'issue de ce référendum d'une manière civilisée, sans répétition de violences et par le dialogue », indique-t-elle dans un communiqué.

Le Kremlin ajoute qu'il condamne l'usage de la force contre des civils qui, dit-il, visait à empêcher ces consultations.

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