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Ukraine: Juncker pour durcir les sanctions de l'UE contre Moscou

12/05/2014 07:45 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

L'ex-président de l'Eurogroupe et candidat conservateur à la présidence de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est dit lundi à Madrid favorable au renforcement des sanctions contre la Russie qui "bafoue le droit international" en Ukraine.

Il a ajouté ne pas voir une entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne avant 10 ou 15 ans et "a fortiori" dans l'Otan.

"L'Union européenne doit réagir lorsque le droit international est bafoué comme il est actuellement en Crimée et dans la partie sud-est de l'Ukraine par le président (russe Vladimir) Poutine", a dit l'ex-premier ministre du Luxembourg lors d'une conférence de campagne commune avec le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

"Nous ne pouvions pas ne pas réagir parce que les principes sont bafoués. Comme nous ne voulons pas la guerre, nous devions imposer des sanctions qui évidemment seront renforcées si le pouvoir russe ne change pas de politique", a-t-il ajouté.

Selon lui, l'UE doit s'organiser pour répartir "l'impact des sanctions économiques" dû à d'éventuelles mesures de rétorsion russes.

"Les pays qui ont un volume d'échanges avec la Russie relativement développé seront plus frappés que d'autres. La Finlande exporte 14% de ses produits vers la Russie, l'Allemagne 2%, la France 2%".

L'Union européenne a décidé lundi d'élargir sa liste des sanctions ciblées en l'absence de désescalade en Ukraine, a annoncé le Conseil.

Treize noms de personnalités russes ou prorusses ont été ajoutées à la liste des 48 personnes déjà visées par une interdiction de visas et un gel de leurs avoirs, de même que deux entreprises ayant tiré profit de l'annexion de la Crimée par la Russie, a-t-on précisé de sources diplomatiques.

Dimanche, les séparatistes prorusses du bassin du Donbass (est de l'Ukraine) ont revendiqué un oui massif à l'indépendance, lors d'une consultation qualifiée de "farce" par Kiev et l'Occident. Ces derniers craignent un scénario similaire à celui de la Crimée qui a été rattachée à la Russie en mars, plongeant l'Occident et la Russie dans leur pire crise depuis la fin de la Guerre froide.

L'Ukraine s'est rapprochée de l'UE en signant en mars le volet politique d'un accord d'association historique qui a soulevé la colère de Moscou.

"Nous ne devons pas dire au Ukrainiens ni aux autres que l'Ukraine pourrait devenir sous peu membre de l'UE", a indiqué M. Juncker.

"Je ne vois pas les conditions réunies en Ukraine pour qu'elle puisse devenir membre de l'UE dans les 10 (ou) 15 prochaines années".

Et selon lui, "il n'est pas question a fortiori de faire de l'Ukraine un membre de l'Otan".

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