NOUVELLES

Sissi tente de rassurer sur les libertés en Egypte après la présidentielle

12/05/2014 01:51 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

Abdel Fattah al-Sissi, ultra-favori de la présidentielle après avoir destitué l'islamiste Mohamed Morsi, a tenté lundi de rassurer sur les libertés en Egypte s'il était élu, affirmant qu'elles étaient protégées par la Constitution récemment adoptée.

Trois ans après une révolte populaire réclamant "la justice sociale" et "la dignité" des citoyens qui a mis fin à trois décennies de pouvoir autoritaire, l'ex-chef de l'armée avait récemment déclaré que "parler de démocratie" ne devait pas primer sur la "sécurité nationale" et le redressement de l'économie en ruines, estimant qu'il faudrait jusqu'à "25 ans" pour instaurer une démocratie en Egypte.

"L'avenir des libertés et de la démocratie est protégé par la Constitution approuvée par le peuple", a affirmé M. Sissi lors d'une rencontre avec des intellectuels, ajoutant qu'il n'y avait pas en Egypte de place pour "un Etat religieux ou militaire", selon des déclarations rapportées par son bureau de campagne.

"L'Etat fait en permanence face à une équation difficile: instaurer un climat de sécurité convenant au peuple sans porter atteinte aux principes de la démocratie et des droits de l'Homme et sans opprimer les innocents", a-t-il encore estimé.

Depuis la destitution début juillet du seul chef d'Etat jamais élu démocratiquement d'Egypte, plus de 1.400 personnes, en majorité des manifestants pro-Morsi, ont été tuées et quelque 15.000 emprisonnées, tandis que des centaines ont écopé de la peine capitale à l'issue de procès expéditifs, et qu'une loi récemment promulguée restreint drastiquement le droit de manifester.

Toutes ces mesures --dénoncées par la communauté internationale-- valent au maréchal à la retraite une importante popularité, entretenue par des médias unanimement hostiles aux supporteurs islamistes de M. Morsi et partisans de l'action de l'armée. M. Sissi est donné grand vainqueur face à son seul adversaire, le leader de gauche Hamdeen Sabbahi, lors de la présidentielle des 26 et 27 mai.

ht-jds/sbh/hj

PLUS:hp