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L'Iran aurait joué un rôle "important" dans l'armement du Soudan (étude)

12/05/2014 10:51 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

L'Iran aurait joué un rôle clé dans l'armement du Soudan, un pays confronté à plusieurs rébellions, si l'on en croit une étude du Small Arms Survey, un projet de recherches indépendant basé à Genève.

Certaines de ces armes importées de l'Iran mais aussi de Chine sont parvenues aux groupes rebelles au Soudan comme au Soudan du Sud, souligne le Small Arms Survey dans un rapport publié lundi au terme de plus de deux ans d'enquête.

Selon l'étude, il existe des preuves qui montrent que l'"Iran a joué un rôle important dans le soutien du secteur soudanais de production d'armes".

Le porte-parole de l'armée soudanaise, Sawarmi Khaled Saad, a déclaré à l'AFP que de nombreux pays, pas seulement l'Iran, coopèrent avec le Soudan.

Il n'y a "rien de particulier" dans les relations entre le Soudan et l'Iran, assure Ibrahim Ghandour, plus haut conseiller du président Omar el-Béchir. "Nous ne sommes pas dans une alliance militaire".

La Chine aurait également fourni de l'entraînement et un soutien technique à la production d'armes au Soudan, selon le rapport.

Il cite des informations selon lesquelles la plus grande partie des armes légères, des munitions, des lanceurs de roquettes et grenades est venue de Chine ces dernières années.

Mais l'étude met en lumière également l'ampleur des liens militaires entre le Soudan et l'Iran.

"Les liens militaires entre l'Iran et le Soudan n'ont cessé de croître", relève le Small Arms Survey.

En mars, Israël avait annoncé avoir intercepté en mer Rouge un navire transportant des missiles M-302 et autres armes en provenance d'Iran.

Selon Israël, les roquettes transportées par le navire, arraisonné dans les eaux internationales entre le Soudan et l'Erythrée, devaient être débarquées à Port-Soudan, puis acheminées par voie terrestre vers la bande de Gaza.

Le Soudan avait démenti toute implication, de même que le Hamas, au pouvoir à Gaza, et le Jihad islamique, auquel les armes auraient été destinées. L'Iran avait également catégoriquement démenti les accusations israéliennes.

Les liens entre le Soudan et l'Iran font l'objet d'une attention particulière depuis que Khartoum a accusé Israël d'avoir mené le 23 octobre 2012 une frappe contre le site militaire de Yarmouk, près de la capitale soudanaise, où plusieurs médias ont affirmé que des armes iraniennes étaient probablement stockées.

Israël avait refusé de commenter les accusations soudanaises.

- 'Rôle idéologique' -

Jonah Leff, coauteur de l'étude, a indiqué à l'AFP que l'usine de Yarmouk fait partie de la Compagnie soudanaise de l'industrie militaire (Military Industry Corporation - MIC)

"Il existe peu de données sur une implication étrangère dans le développement de la MIC", selon le rapport de Small Arms Survey.

"Selon un technicien de la MIC, un des complexes de la compagnie emploie 32 techniciens iraniens et 37 soudanais, qui manient des machines fournies par la Chine, sous la supervision de l'Iran".

Des techniciens soudanais sont en outre envoyés en Iran pour y être formés, selon l'étude.

Entre 2001 et 2012, L'Iran a fourni 13% des petites armes et autres "armes conventionnelles" enregistrées comme étant importées par le gouvernement soudanais, dans une base de données commerciales de l'ONU, selon Small Arms Survey.

L'Iran est classée en deuxième place alors que la Chine est le premier partenaire dans le secteur avec 58%.

"L'Iran a été un exportateur important d'armes au Soudan depuis au moins les années 1990", souligne le rapport.

"Alors que les relations militaires de la Chine avec le Soudan sont liées au pétrole et autres intérêts économiques, le rôle de l'Iran dans l'industrie de la défense au Soudan est en premier lieu idéologique".

Le transfert autorisé de "grosses quantités" d'armes à Khartoum depuis la fin de la guerre civile en 2005 n'est pas une violation des embargos ou conventions, relève l'étude.

Mais les armes et les munitions de Chine, de l'Iran et du Soudan "parviennent de plus en plus à des utilisateurs non liés à l'Etat dans les différents champs de bataille au Soudan comme au Soudan du Sud", souligne l'étude.

it/feb/hj

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