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L'EIIL qualifie le chef d'al-Nosra de "traître", refuse de quitter la Syrie

12/05/2014 07:39 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

Le groupe jihadiste de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) a sévèrement critiqué le chef du Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda en Syrie, le qualifiant de "traître" et rejeté l'appel de son rival à quitter la Syrie.

Dans un enregistrement sonore, attribué au porte-parole de l'EIIL Abou Mohammed al-Adnani, le groupe ultra-radical a demandé au chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri de limoger le leader du Front al-Nosra, Abou Mohammed al-Joulani.

"Soit vous persistez dans votre erreur et demeurez obstinés, et la division et les combats entre moujahidines (combattants de Dieu) vont continuer, soit vous reconnaissez votre erreur et la corrigez", a-t-il menacé.

"Vous avez provoqué la tristesse des moujahidines et l'exultation de leur ennemi en soutenant le traître (al-Joulani)", a déclaré M. al-Adnani dans l'enregistrement qui a été mis en ligne sur des forums jihadistes dimanche.

L'authenticité de l'enregistrement n'a pas pu être vérifiée dans l'immédiat.

"Le cheikh Oussama (Ben Laden, précédent leader d'Al-Qaïda ndlr) avait rassemblé tous les moujahidines avec une seule parole, mais vous les avez divisés et déchirés", a déclaré Abou Mohammed al-Adnani.

"Vous êtes à l'origine de la querelle, vous devez y mettre fin", a-t-il ajouté.

La guerre fratricide qui oppose al-Nosra et d'autres groupes rebelles à l'EIIL, pourtant tous engagés contre le régime de Bachar al-Assad, a obligé 60.000 personnes à fuir des villes de la riche province pétrolière de Deir Ezzor (est).

Depuis le début de l'année, des groupes rebelles modérés et islamistes ont lancé une offensive contre l'EIIL, avant d'être rejoints par le Front al-Nosra.

Ces combats ont fait plus de 4.000 morts depuis janvier, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), et se poursuivent malgré l'appel de M. al-Zawahiri d'y mettre fin.

Le chef d'Al-Qaïda a "ordonné" début mai au chef d'al-Nosra de cesser "immédiatement" de combattre l'EIIL et de se concentrer sur le combat contre les troupes de Bachar al-Assad.

Il avait également demandé à l'EIIL de limiter ses actions à l'Irak et de quitter la Syrie.

L'EIIL a qualifié dans son enregistrement cette demande de "déraisonnable, irréaliste et illégitime".

L'EIIL est notamment accusé de volonté hégémonique et des pires atrocités à l'égard des civils, des militants pacifistes et des rebelles.

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