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Le pétrole finit en hausse à New York, dopé par la crise dans l'Est ukrainien

12/05/2014 02:59 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

Les cours du pétrole ont gagné du terrain à New York lundi, des garanties offertes par l'Arabie saoudite sur l'approvisionnement en brut ne suffisant pas à occulter de nouvelles craintes suscitées par la crise ukrainienne.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en juin s'est apprécié de 60 cents, à 100,59 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

"Un nouvelle fois, la hausse des prix (...) est due avant tout à des tensions géopolitiques, et aux inquiétudes du marché à la suite" de consultations populaires dimanche dans l'Est ukrainien organisées par des séparatistes pro-russes, a relevé Matt Smith, de Schneider Electric.

Moins de 24 heures après la tenue d'un double référendum d'indépendance dénoncé comme "illégal" par Kiev et par les Occidentaux, les séparatistes de l'Est de l'Ukraine ont fait monter les enchères et réclamé lundi le rattachement de leur territoire à la Russie. Cet appel intervient en pleine tentative de médiation des Européens.

"La victoire du +Oui+ n'est pas à proprement parler une surprise pour le marché. (...) Mais la difficulté est ici de discerner quelle sera la suite des événements", a commenté Tim Evans, de Citi Futures.

La Russie a annoncé lundi qu'elle allait respecter la volonté des Ukrainiens de l'Est, tout en insistant sur la nécessité d'un maintien du dialogue avec Kiev.

Le géant énergétique russe Gazprom a lui fait savoir lundi, par la voix de son patron, Alexeï Miller, qu'il couperait ses livraisons de gaz à l'Ukraine à partir du 3 juin si Kiev n'avait pas réglé d'ici là sa facture à l'avance pour ce mois, selon une nouvelle règle de pré-paiement des livraisons.

Entretemps, les tirs et détonations ont repris tôt lundi à Slaviansk, bastion de la rébellion armée, encerclé par les forces ukrainiennes qui y mènent une vaste opération militaire depuis le 2 mai.

Près de 30% des importations de pétrole et de gaz européennes proviennent de Russie.

La réaction du marché à ces événements restait toutefois limitée par des promesses de l'Arabie saoudite d'"augmenter son offre pétrolière en cas de perturbations dans l'approvisionnement de brut résultant de la crise ukrainienne", ont expliqué les experts de Commerzbank.

Le royaume exporte actuellement 9,2 millions de barils par jour mais a la capacité de porter ses expéditions à 12,5 millions de barils par jour, ont poursuivi les analystes, citant les propos du ministre saoudien du pétrole Ali al-Naimi.

En outre, "M. al-Naimi a estimé que le cours du pétrole à 100 dollars le baril était le bon prix pour tout le monde", fournisseurs et acheteurs, ce qui apaise quelque peu le marché, a souligné Matt Smith.

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