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Allergan, qui fabrique le Botox, rejette l'offre de la pharmaceutique québécoise Valeant

12/05/2014 07:27 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT
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Valeant Pharmaceuticals International Inc. signage is displayed outside of the company's headquarters in Mississauga, Ontario, Canada, on Wednesday, March 30, 2011. Cephalon Inc. surged 28 percent to $75.20 in Nasdaq trading, higher than a hostile takeover bid from Valeant, Canada's largest drugmaker. Valeant Pharmaceuticals International Inc. made its cash offer of about $5.7 billion, or $73 a share, public last night after its private approaches were rejected, the company said. Photographer: Norm Betts/Bloomberg via Getty Images

MONTRÉAL - Allergan a rejeté avec vigueur l'offre publique d'achat de Valeant, lundi, le fabricant du produit contre les rides Botox affirmant être davantage en mesure de croître seul, tout en critiquant le modèle d'affaires de son rival canadien.

«Notre modèle fonctionne, tandis que le modèle de Valeant qui consiste à réduire et supprimer, ne fonctionne que pendant une très courte période de temps», a déclaré le président et chef de la direction d'Allergan, David Pyott, lors d'une conférence téléphonique ayant eu lieu à la suite du rejet à l'unanimité de l'offre de Valeant par le conseil d'Allergan.

M. Pyott a estimé que l'offre non sollicitée en espèces et en actions d'une valeur de près de 47 millions $ US sous-évaluait l'entreprise et était risquée.

En vertu des dispositions de l'entente proposée, Valeant échangerait chacune des actions d'Allergan (NYSE:AGN) pour 48,30 $ en espèces et une large portion des actions de Valeant (NYSE:VRX, TSX:VRX).

La société d'Irvine, en Californie, a affirmé que ses importants investissements dans la recherche et le développement lui avaient permis de mettre au point une solide gamme de produits qui généreront une croissance annuelle des revenus et profits de plus de 10 pour cent pendant au moins six ans.

Jusqu'à présent, les dépenses faites par Allergan lui ont permis de transformer le Botox d'un produit de 100 millions $ par année en 1989 en un produit générant 2 milliards $ de par ses utilisations esthétiques et thérapeutiques, a indiqué M. Pyott.

Dans l'ensemble, Allergan a investi 7 milliards $ US dans différents produits entre 1992 et 2013, et a généré pour plus de 50 milliards $ US de ventes. Ses ventes potentielles sont estimées à environ 120 milliards $ US pour la prochaine décennie.

«Certains diraient que la recherche et le développement dépassent la rentabilité au stade initial. Néanmoins, nous pensons qu'il s'agit d'une vision à court terme», a lancé M. Pyott en visant Valeant.

Valeant estime que la société californienne consacre trop d'argent à la recherche et au développement, et croit que son offre d'achat donnera lieu à des économies de coûts de plus de 2,7 milliards $ US par année, dont 80 pour cent seraient réalisées lors des six premiers mois.

Allergan a répliqué que Valeant ne semblait pas tenir compte dans son estimation d'une somme de quelque 200 millions $ nécessaire rien que pour maintenir sur le marché les produits actuellement disponibles.

Allergan a fait part de son intention de rencontrer ses actionnaires, au cours de la semaine à venir, afin de leur expliquer son plan de croissance et de prendre connaissance de leur opinion de la transaction projetée, qui les verrait détenir 43 pour cent de l'entreprise combinée.

Valeant a pour sa part indiqué la semaine dernière vouloir organiser un «référendum» des actionnaires d'Allergan et pourrait réclamer la tenue d'une assemblée spéciale pour remplacer certains ou tous les membres du conseil d'administration.

Valeant a expliqué qu'un tel référendum permettrait de déterminer si les actionnaires d'Allergan souhaitent voir le conseil d'administration négocier avec Valeant, au moment où il explore aussi d'autres alternatives.

Les actions de Valeant ont terminé la séance de lundi à 141,98 $ à la Bourse de Toronto, en baisse de 98 cents.