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Afrique du Sud/grève du platine: 3 mineurs tués à Marikana

12/05/2014 06:29 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

Trois mineurs non grévistes ont été tués à Marikana (nord), dans la "ceinture de platine" sud-africaine affectée par une longue grève qui dure depuis le 23 janvier, ont indiqué lundi le Syndicat national des mineurs (NUM, minoritaire) et la police.

"Deux de nos membres ont été tués au (puits) Eastern Platinum tôt ce matin (de lundi). Un autre de nos membres a été attaqué chez lui à Batong, pas loin de Lonmin, et sa femme et lui ont été tués", a indiqué à l'AFP Livhuwani Mammburu, porte-parole du NUM.

Selon la police, un homme a été tué à la machette lundi matin, un deuxième est mort dans l'incendie de sa maison dimanche, et le troisième a été retrouvé pendu aux côtés de sa femme dans leur baraquement samedi.

Six autres personnes ont été attaquées à la machette par des inconnus lundi matin alors qu'elles se rendaient au travail, mais ont survécu.

La police n'a pas pu expliquer ces violences, mais les trois compagnies concernées par la grève, Anglo American Platinum (Amplats), Impala Platinum (Implats) et Implats, ont recensé "au moins 20 actes d'agressions" dimanche et lundi.

Elles ont aussi dénoncé dans un communiqué commun "un certain nombre de cas sérieux d'intimidations" à l'encontre d'employés non grévistes et des compagnies de bus chargés de transporter les mineurs.

"Nous savons que ceux qui sont en grève sont derrière ces attaques", a réagi le secrétaire général du NUM Frans Baleni.

"Ces gens avaient préparé une réaction violente. Nous savons qu'hier (dimanche), ils ont marché sur les compagnies de bus, menaçant d'incendier tous les bus qui transporteraient des travailleurs" à la mine, a-t-il accusé, sans prononcer le nom du syndicat rival Amcu.

Ces violences proviennent alors que Lonmin, numéro trois mondial du platine, a rouvert lundi sa mine de Marikana, que la très dure grève menée par Amcu paralysait depuis plus de trois mois. Court-circuitant Amcu, la direction a approché directement les mineurs pour les inciter à retourner au travail. Aucun porte-parole n'était joignable lundi après-midi pour dire si la réouverture de la mine a été un succès.

A ce propos, Lonmin et les deux autres groupes se sont publiquement inquiétés des menaces du syndicat, qui a déclaré que s'ils continuaient à s'adresser directement aux grévistes, "cela pourrait mener à autre chose". "Les producteurs croient que des déclarations de cette nature laissent entendre que la violence et l'intimidation sont acceptables", ont-ils relevé.

Amcu réclame depuis le début un salaire de base de 12.500 rands (860 euros) mensuels, hors primes. Sans bouger sur le fond, le syndicat a accepté d'étaler l'augmentation sur quatre ans, ce qui, selon les patrons, correspondrait à 30% de plus par an.

Les trois groupes touchés par la grève --numéros un, deux et trois mondial du platine-- ont proposé d'arriver à une somme minimum pour les mineurs de fond, primes de logement et congés payés compris, de 12.500 rands par mois d'ici juillet 2017.

De nombreux cas d'intimidation ont été signalés depuis le début du mouvement, mais celui-ci avait jusqu'à présent été beaucoup moins violent que la vague de grèves sauvages qui avait paralysé l'essentiel des mines sud-africaines en 2012.

La mine de platine de Marikana est entrée dans l'histoire quand la police sud-africaine a abattu 34 grévistes, le 16 août 2012. C'est aussi à Marikana qu'avait émergé la revendication de 12.500 rands par mois, qui correspond à plus du doublement des niveaux de salaires actuels.

La grande grève sauvage de 2012 a favorisé l'émergence du syndicat radical Amcu, devenu majoritaire dans la région au détriment du NUM, proche du pouvoir et jugé trop mou. Les violences n'ont jamais cessé depuis entre syndicats rivaux.

sn/liu/sba

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