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Lycéennes enlevées: Boko Haram est "irrationnel" et "difficile" en négociation (archevêque de Cantorbéry)

11/05/2014 10:58 EDT | Actualisé 11/07/2014 05:12 EDT

L'archevêque de Cantorbéry, Justin Welby, qui a déjà négocié avec des groupes armés nigérians, a jugé dimanche "difficile" de discuter avec Boko Haram, une organisation islamiste armée "irrationnelle", appelant néanmoins à le faire pour libérer les lycéennes qu'elle a enlevées.

Le 14 avril, Boko Haram, dont le nom signifie "L'éducation occidentale est un péché", a attaqué un lycée de Chibok, dans le nord-est du Nigeria, enlevant alors 276 adolescentes. Selon la police, 223 d'entre elles sont toujours entre les mains du groupe islamiste.

Estimant que les lycéennes étaient confrontées à un risque "colossal", il a déclaré sur BBC Radio 4 qu'elles "étaient aux mains d'un groupe très disparate qui est extrêmement irrationnel, avec qui il est difficile de négocier et qui s'est montré dans le passé totalement sans pitié".

"Il doit y avoir une négociation active, un contact actif à tous les niveaux" du groupuscule islamiste, a cependant estimé le leader spirituel des 80 millions d'Anglicans dans le monde.

"Ce qui se passe au coeur de Boko Haram est très discutable. C'a toujours été un mélange de groupes unis autant par un ennemi commun que par une cause commune", a-t-il dit.

"Il doit y avoir une action efficace de la police et des forces de sécurité" dans le nord-est du Nigeria, a-t-il dit, jugeant que c'était "un énorme défi pour le gouvernement nigérian que nous ne devrions pas sous-estimer".

"C'est infiniment plus compliqué que l'Irlande du Nord, par exemple, où il (le Royaume-Uni) nous a fallu beaucoup de temps pour élaborer une stratégie efficace", a ajouté l'archevêque qui a travaillé dans le delta du Niger à la réconciliation avec des groupes armées.

Interrogé sur les raisons de l'enracinement de Boko Haram dans la région, cet ancien cadre de l'industrie pétrolière a pointé du doigt "l'extrême pauvreté" et le "chômage très élevé des jeunes" qui les rendent enclins à devenir des "fantassins" de Boko Haram.

Au moment où le rapt des adolescentes continue à susciter l'émotion et la solidarité internationales, les violences se poursuivent dans le nord-est du Nigeria.

Le village de Liman Kara a été attaqué vendredi soir et entièrement détruit mais les habitants, prévenus de l'arrivée des assaillants, ont pu prendre la fuite, selon les témoins.

"Nous avons été alertés vendredi soir par les gens des villages voisins qui avaient vu des hommes armés en tenue militaire qui se dirigeaient vers Liman Kara", a rapporté Usman Alaramma, un habitant.

"Ils ont brûlé presque tout le village", a ajouté M. Alaramma, dans un récit qui coïncide avec celui d'autres témoins.

"Quand nous sommes revenus (samedi) nous avons compté 301 maisons brûlées (...) et tous les magasins et les rues principales ont été saccagés et brûlés".

Dernière grande personnalité à prononcer son soutien aux captives nigérianes, le pape François a appelé les fidèles à "prier pour la libération immédiate" des jeunes filles, via son compte Twitter samedi soir.

Des experts américains, britanniques et français sont dans le pays pour participer aux recherches. La Chine a aussi proposé de partager les informations recueillies par ses services de renseignements et ses satellites.

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