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Lituanie/présidentielle: Dalia Grybauskaite largement en tête du 1er tour

11/05/2014 07:40 EDT | Actualisé 11/07/2014 05:12 EDT

La présidente sortante de la Lituanie, Dalia Grybauskaite, est arrivée largement en tête du 1er tour de l'élection présidentielle dimanche avec 46,5% des voix, a annoncé la commission électorale nationale à l'issue du dépouillement de 97% des bulletins de vote.

Contrairement aux attentes de nombreux analystes, la "dame de fer" lituanienne n'a pas franchi la barre de 50% nécessaires pour être réélue dès le premier tour. Elle a devancé de loin son rival social-démocrate, Zigmantas Balcytis, arrivé second avec 13,9% des suffrages et qui sera son adversaire au second tour le 25 mai.

La "dame de fer" balte semble avoir bénéficié de sa fermeté à l'égard du grand voisin russe dans la crise ukrainienne, alors que cette présidentielle coïncide avec une montée de l'inquiétude suscitée en Lituanie par les agissements de la Russie et sa puissance militaire grandissante aux frontières de cette ex-république soviétique.

La participation au scrutin a été de 52%, alors qu'elle est traditionnellement basse et dépasse rarement les 50%.

"Malgré une campagne terne, la participation a été élevée, très probablement parce que les électeurs étaient rendus inquiets par l'agression russe en Ukraine", a déclaré à l'AFP Kestutis Girnius, analyste à l'Université de Vilnius.

"La présidente Grybauskaite a pris soin de se présenter comme une femme politique en meilleure position pour défendre la Lituanie. Nombre d'indécis ont finalement décidé de voter pour elle", a-t-il ajouté.

Lors de la campagne électorale, Mme Grybauskaite n'avait pas mâché ses mots en se déclarant "prête à prendre elle-même les armes pour défendre le pays si la sécurité nationale le nécessitait".

"L'avenir de la Lituanie dépend de la décision que chaque citoyen lituanien prend aujourd'hui", a-t-elle affirmé en mettant dimanche son bulletin dans l'urne.

La présidente sortante a accueilli fin avril en Lituanie des troupes américaines, alors que l'Otan renforce sa présence dans les pays baltes qui ont passé cinquante ans sous occupation soviétique jusqu'en 1991, avant de rejoindre en 2004 l'Otan et l'UE.

- 'Elle ne retient pas ses coups' -

Célibataire, ceinture noire de karaté, cette ancienne commissaire européenne au Budget est connue pour son franc-parler.

"Elle ne retient pas ses coups, elle s'exprime ouvertement et elle sait quels sont les intérêts de la Lituanie", a expliqué à l'AFP Judy Dempsey, analyste chez Carnegie Europe.

Parmi ses principaux rivaux figuraient le député européen social-démocrate Zigmantas Balcytis et le député travailliste Arturas Paulauskas.

Ils ont fait campagne sur les questions sociales, s'engageant à combattre le chômage et la corruption. Contrairement à Mme Grybauskaite, ils ont plaidé en faveur d'un dialogue avec Moscou.

"Nous devons nouer un dialogue avec la Russie. N'importe quel genre de paix est préférable à une guerre", a insisté M. Balcytis.

Mme Grybauskaite avait fermement soutenu le programme d'austérité quand la Lituanie avait basculé dans la crise en 2009, et elle a plaidé pour l'adoption de l'euro en 2015.

La présidente sortante n'est affiliée à aucun parti, mais elle est soutenue par les principaux partis d'opposition, les conservateurs et les libéraux, qui ont perdu les élections en 2012 au profit des sociaux-démocrates.

Née à Vilnius sous l'ère soviétique, Mme Grybauskaite a fait ses études à Léningrad, l'actuel Saint-Petersbourg, tout en travaillant dans une usine de pelleterie.

Elle a par la suite enseigné l'économie dans une école du parti communiste à Vilnius.

Avec le retour de ce pays balte à l'indépendance, elle a entamé une carrière dans l'administration lituanienne, notamment au ministère des Affaires étrangères.

Vice-ministre des Finances puis vice-ministre des Affaires étrangères entre 1999 et 2001, elle a été ministre des Finances de 2001 à 2004. Et quand la Lituanie a rejoint l'UE en 2004, elle été nommée commissaire européenne.

Polyglotte, elle parle anglais, russe, polonais et français, en plus de sa langue maternelle, le lituanien.

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