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Libre-échange avec l'Europe : il y aurait entente sur le fromage, selon l'UPA

11/05/2014 07:00 EDT | Actualisé 11/07/2014 05:12 EDT
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QUÉBEC - Un des derniers obstacles à la ratification de l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne serait levé: il y aurait «dénouement» dans le différend sur le fromage.

C'est ce que soutient le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau. Dans une entrevue à La Presse Canadienne, il a précisé que l'entente serait annoncée sous peu.

La question du fromage est un des principaux points de litige à régler dans la mise en oeuvre de l'éventuel accord de libre-échange. En effet, en vertu de l'entente de principe signée en 2013, les pays européens pourront exporter plus de 17 000 tonnes de fromages supplémentaires au Canada. Les producteurs européens sont généreusement subventionnés, ce qui fait craindre le pire aux fromagers du Québec, qui produisent 60 pour cent des fromages fins au pays. Les parties avaient donc convenu de clarifier cet enjeu avant de soumettre le texte à la ratification.

Selon l'UPA, le raz-de-marée de fromages européens sur le marché canadien ferait perdre 450 millions $ par année aux producteurs d'ici. Le syndicat des producteurs agricoles québécois exige donc des compensations du gouvernement fédéral, ainsi que l'étalement, sur le plus grand nombre d'années possible, de l'afflux des fromages européens.

«Ces jours-ci, il y aurait des dénouements dans les dernières négociations qui se poursuivaient», a affirmé M. Groleau en entrevue téléphonique, sur la foi des renseignements dont il disposait.

M. Groleau n'en savait pas plus sur les dispositions qui auraient été convenues sur les années d'étalement, et les sources qu'il avait consultées n'en savaient pas davantage. Mais selon lui, ces éléments sont «stratégiques» et vont déterminer le niveau de compensation que devra verser le fédéral. L'entente de principe prévoit déjà un étalement qui va de deux à sept ans, selon les produits.

«(Il faut) s'assurer que la période d'implantation de l'accord soit la plus longue possible pour nos fromagers, c'est un enjeu», a-t-il dit.

Il a également demandé au ministre de l'Agriculture du Québec, Pierre Paradis, de confirmer qu'il y avait bel et bien dénouement, mais le ministre n'était pas au courant non plus, selon ce qu'a indiqué le président de l'UPA. Le cabinet du ministre Paradis n'a pas donné suite à nos demandes d'entrevue.

Le précédent gouvernement Marois avait déjà affirmé que l'Assemblée nationale n'allait pas ratifier l'accord de libre-échange si Ottawa ne s'entendait pas avec les fromagers québécois sur l'indemnisation à verser.

Pour sa part, Ottawa s'est déjà engagé à mettre sur pied un programme de compensation, sans toutefois le chiffrer, mais estime que l'arrivée massive des fromages européens aura des conséquences minimes, en raison de la croissance du marché du fromage au Canada.

Toutefois, un autre enjeu de négociations en suspens préoccupait également le patron de l'UPA: l'exportation de viande canadienne vers l'Union européenne. L'accès élargi au marché canadien du fromage avait en effet été accordé en échange d'un accès élargi au marché européen de la viande. L'UE avait accepté de renoncer aux permis d'importation qu'elle accordait, une sorte de mesure de contrôle utilisée comme une barrière à l'importation.

Or selon les renseignements de M. Groleau, les Européens auraient réintroduit les permis d'importation. Le président de l'UPA s'élève contre ce qui semble être une concession au protectionnisme européen.

«L'Europe décide qui peut accéder à son marché et à quel moment. Cela devient une barrière non tarifaire, une façon de protéger son marché», a-t-il dit.

En vertu de l'entente d'origine, 81 000 tonnes de viande de porc du Québec pourraient être exportées en Europe, ce qui stimulerait l'industrie québécoise.

Outre le fromage et la viande, l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne (AECG) réduira ou abolira aussi les tarifs pour divers produits, dont l'aluminium, le sirop d'érable, les véhicules récréatifs, les pièces et les produits alimentaires de transformation.

Le gouvernement du Québec estime que le libre-échange avec l'Europe entraînera des retombées économiques de 2,2 milliards $ par année et la création de 16 000 emplois.

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