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France: le coproducteur de "Welcome to New York", inspiré de l'affaire DSK, dénonce des pressions

11/05/2014 06:33 EDT | Actualisé 11/07/2014 05:12 EDT

Vincent Maraval, coproducteur du très attendu long métrage d'Abel Ferrara "Welcome to New York", librement inspiré de l'affaire Dominique Strauss-Kahn, qui sortira exclusivement sur internet le 17 mai en France et non en salles, a dénoncé dimanche des pressions autour du film.

"Je ne suis pas adepte de la théorie du complot. Mais là, les faits parlent pour moi et illustrent, à l'instar de ce que nous subissons depuis trois ans, les relations incestueuses qu'entretiennent dans ce pays les élites, les politiques, les médias", affirme dans le Journal du Dimanche le producteur.

"N'importe où dans le monde, on peut faire des films comme Le Caïman de Nanni Moretti sur Berlusconi ou Fahrenheit 9/11 sur George Bush (...). En France, on n'arrive pas à parler de notre histoire présente", regrette-t-il, en réaffirmant qu'aucune chaîne française n'a voulu le financer et que le film est "de nationalité américaine".

"Je viens d'apprendre qu'UGC (l'un des plus importants groupes européens d'exploitation cinématographique ndlr) essaie d'empêcher la sortie du film sur ses écrans en Belgique en faisant pression sur ses exploitants. Deux partenaires médias importants nous demandent de retirer leur logo sur l'affiche. Ça me sidère", poursuit encore le coproducteur du film d'Abel Ferrara, avec Gérard Depardieu dans le rôle principal.

Interrogé par l'AFP, le directeur général d'UGC Alain Sussfeld a répondu que "dès l'instant où une oeuvre ne donne pas la priorité à la salle, nous n'en n'assurerons pas la diffusion sur quelque territoire que ce soit", France, Belgique etc...

Mi-avril, Wild Bunch, la société de production et de distribution dont Vincent Maraval est le cofondateur, avait annoncé cette sortie directe sur VoD (vidéo à la demande) et pas en salles afin de faire bouger les lignes en France car la loi interdit la sortie simultanée en salle et sur VoD. "Dans d'autres pays, aux Etats-Unis notamment, le film sortira en même temps en salles et sur le web", expliquait Vincent Maraval.

Interrogé enfin par le Journal du Dimanche sur la présence ou pas de "Welcome to New York" dans la sélection officielle du 67e Festival de Cannes qui débute mercredi, M. Maraval répond: "Ils ont le droit de ne pas l'aimer et de ne pas le prendre".

"Maintenant, il se peut que Thierry Frémaux (délégué général et sélectionneur du festival) nous appelle ce week-end ou pas. Comme il se peut qu'on accepte ou pas", conclut le producteur.

En mai 2011, DSK avait été accusé de viol par une femme de chambre de l'hôtel Sofitel à New York. Cette retentissante affaire, qui a entraîné son retrait de la vie politique, s'est clos par un abandon des poursuites pénales et la procédure civile a pris fin avec la signature d'un accord financier secret.

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