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Tripoli menace de "faciliter" le transit des migrants clandestins vers l'Europe

10/05/2014 11:44 EDT | Actualisé 10/07/2014 05:12 EDT

Le ministre libyen de l'Intérieur par intérim a menacé samedi de "faciliter" le transit des immigrants clandestins vers l'Europe si l'Union européenne (UE) n'aidait pas la Libye à lutter contre ce fléau.

"Je mets en garde le monde, et l'UE en particulier: s'ils n'assument pas leurs responsabilités, la Libye pourrait faciliter le transit de ce flot" d'immigrés vers l'Europe, a déclaré Salah Mazek lors d'une conférence de presse.

La Libye "souffre" de la présence de milliers d'immigrants clandestins venus notamment d'Afrique sub-saharienne et responsables, selon lui, de la propagation de maladies, de crimes et du trafic de drogue, a-t-il ajouté.

Depuis plusieurs années, la Libye est un pays de transit vers les côtes européennes pour des centaines de milliers d'immigrants en grande majorité africains. Parvenus sur les côtes libyennes, ils s'entassent dans des embarcations de fortune pour tenter la périlleuse traversée de la méditerranée vers Malte ou l'île italienne de Lampedusa, au large de la Sicile.

Plusieurs centaines d'entre eux y meurent chaque année.

"La Libye a payé le prix. C'est au tour de l'Europe de payer maintenant", a-t-il dit, sans préciser s'il attendait de Bruxelles une aide financière, matérielle ou autre.

Sous le régime de Mouammar Kadhafi renversé en 2011, la Libye utilisait l'immigration comme un moyen de pression sur l'Europe, ouvrant et fermant le robinet des départs au gré de l'état de ses relations avec les pays européens.

M. Mazek a ajouté qu'il rentrait d'une visite à Paris, où il a rencontré son homologue français, a qui il a demandé l'aide de la France pour transmettre les inquiétudes de Tripoli à Bruxelles.

Depuis le début de l'année, près de 22.000 migrants et réfugiés sont arrivés par bateau sur les côtes italiennes, soit dix fois plus que sur la même période de 2013, selon les autorités.

Peu avant le déclenchement de la rébellion qui a renversé son régime, l'ancien dictateur avait réclamé cinq milliards d'euros par an à l'UE pour y mettre un terme.

ila/emb/cbo

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