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Le Soudan du Sud au bord de la famine, selon la FAO

10/05/2014 09:21 EDT | Actualisé 10/07/2014 05:12 EDT

Le Soudan du Sud, en proie à une guerre civile depuis près de cinq mois, est au bord de la famine, a estimé samedi l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Un "niveau exceptionnel d'insécurité alimentaire" touche un tiers des 11,5 millions de Sud-Soudanais, met en garde la FAO.

Un "risque élevé de famine dans les mois à venir" subsiste dans "certaines régions du pays", avertit l'organisation après une étude menée en avril et mai.

Les belligérants qui s'opposent depuis près de cinq mois dans le pays, l'ancien vice-président Riek Machar et le président Salva Kiir, ont signé vendredi un cessez-le feu qui pourrait être instauré dès ce samedi.

Mais Sue Lautze, responsable de la FAO au Soudan du Sud, souligne que "le créneau est étroit pour empêcher qu'une crise épouvantable ne se transforme en catastrophe".

Le Programme alimentaire mondial (PAM, autre agence de l'ONU), a indiqué que, à la suite du rapport de la FAO, elle allait accroître son aide afin qu'elle atteigne 3,2 millions de personnes cette année.

La situation est particulièrement "inquiétante" dans les régions coupées du reste du monde en raison du conflit.

Une famine "peut encore être évitée mais il est nécessaire que les agences alimentaires soient autorisées à atteindre des dizaines de milliers de personnes dans le besoin avant qu'il ne soit trop tard", avertit dans un communiqué Mike Sackett, directeur du PAM pour le pays.

L'agence est actuellement en mesure d'aider 700.000 personnes, mais il lui manque 190 millions d'euros pour financer l'aide, a-t-elle ajouté.

Quant à la FAO, elle souligne que 54% seulement de son appel de dons, d'un montant de 77 millions de dollars, a jusqu'à présent été financé.

Le conflit sud-soudanais, qui a fait des milliers de morts et près de 900.000 déplacés, a éclaté le 15 décembre.

Début avril, les Nations unies ont averti que le pays, où la saison des pluies commence, pourrait subir la pire famine à frapper le continent africain depuis des décennies, si le cessez-le-feu permettant aux agriculteurs de cultiver à nouveau n'était pas respecté et si le pays ne recevait pas davantage d'aide humanitaire de l'étranger.

L'UNICEF a récemment indiqué que jusqu'à 50.000 enfants allaient mourir dans les prochains mois si aucune action immédiate n'était mise en oeuvre.

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