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La Suisse refuse d'extrader en Ethiopie le copilote pirate de l'air éthiopien

09/05/2014 05:06 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

Le copilote éthiopien qui avait détourné en février sur Genève un avion d'Ethiopian Airlines qui reliait Addis Abeba à Rome ne sera pas renvoyé dans son pays et sera jugé en Suisse, Berne ayant refusé son extradition à l'Ethiopie.

L'information, révélée vendredi par "Le Matin", a été confirmée par le porte-parole de l'Office fédéral de la justice (OFJ) Folco Galli. Berne a informé l'Ethiopie qu'une procédure pénale est actuellement ouverte en Suisse contre le copilote, pour les mêmes faits que ceux mentionnés dans la demande d'extradition formulée par Addis Abeba.

Le détournement du vol reliant Addis Abeba à Rome avait eu lieu le 17 février. Le copilote, Haidemin Abera Tagegn, âgé de 31 ans, profitant de l'absence du pilote parti aux toilettes, s'était enfermé dans le cockpit et avait pris le contrôle de l'appareil pour le faire atterrir à Genève. L'homme n'était pas armé.

Le pirate de l'air, une fois l'avion immobilisé sur le tarmac, s'était immédiatement rendu à la police. Il était sorti du Boeing 767 par une des fenêtres du cockpit au moyen d'une corde. Le copilote avait expliqué être menacé dans son pays et qu'il était venu en Suisse pour demander l'asile politique.

Aucune explication complémentaire sur ses motivations ou son état psychique n'a été fournie depuis par la justice suisse. Il encourt une peine maximale de 20 ans de prison.

Il y avait, outre le pirate, 201 personnes à bord de ce Boeing 767. Aucun passager ni membre d'équipage n'a été blessé.

Dans ce détournement peu ordinaire, c'est le pirate qui avait donné l'alerte, via le transpondeur de l'avion qui permet au contrôle aérien d'identifier l'appareil. Le Boeing avait été escorté par des chasseurs Eurofigher de l'armée de l'air italienne jusqu'à la frontière suisse, puis par un Mirage 2000 français jusqu'à son atterrissage à Genève.

pjt/mba

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