POLITIQUE

Gaétan Barrette prévient les établissements de santé qu'il exercera tous les pouvoirs du ministère

09/05/2014 10:43 EDT | Actualisé 09/07/2014 05:12 EDT
PC

QUÉBEC - Les établissements de santé devront respecter les orientations du gouvernement sans quoi ils devront se préparer à en subir les conséquences, a prévenu le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

M. Barrette a tenu ces propos à l'occasion d'un discours prononcé devant un parterre d'administrateurs du réseau de la santé et de directeurs généraux d'hôpitaux participant au congrès l'Association québécoise d'établissements de santé (AQESS), vendredi dans un hôtel de la capitale.

Prenant la parole pour la première fois devant eux depuis sa nomination le mois dernier au ministère de la Santé, M. Barrette a expliqué sa vision des choses.

«Je vous le dis de façon très formelle, quand on prendra des directions, vous allez avoir un choix: ou bien vous allez dans notre direction, ou bien vous n'y allez pas mais si vous n'y allez pas, il y aura des conséquences, a-t-il dit. (...) Je ne vous annonce pas l'apocalypse, je vous annonce qu'il y a un changement de direction qui est clair.»

Aux journalistes qui l'ont questionné ensuite, M. Barrette a ainsi exposé son approche «plus interventionniste» auprès des établissements de santé.

«Dans le passé, il y a eu un régime où le ministère n'exerçait pas nécessairement tout le pouvoir qui lui est imparti, a-t-il dit. Il y a eu un régime qui est plutôt un régime de délégation, qui va rester, mais quand on délègue ça ne veut pas dire qu'on abandonne l'analyse qu'on doit faire comme gouvernement en termes de résultat.»

Dans son discours, le ministre, ancien président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), a invité les membres de l'AQESSS à ne pas faire de l'obstruction aux orientations gouvernementales.

«Le ministère de la Santé va exercer son pouvoir au sens pur du terme, qui est celui de la gestion et de l'orientation et de la reddition de comptes, a-t-il dit. Je sais qu'aujourd'hui vous pourriez réagir en disant on va faire de l'obstruction. Ce n'est pas une bonne idée parce que vous et moi on est là pour la même raison, pour faire en sorte que la population du Québec, qui s'attend à des services, ait ces services-là.»

S'appuyant sur sa légitimité d'élu, le ministre a notamment déclaré que les groupes de médecine familiale (GMF) devront respecter les contrats qui fixent le nombre de patients qu'ils doivent recevoir.

«Les contrats de GMF qui ne sont pas honorés, ils seront honorés, sinon il y aura des conséquences parce que c'est ce que la population veut, a-t-il dit. La population n'a élu à peu près personne ici, elle m'a élu moi et mes collègues au gouvernement.»

M. Barrette a aussi prévenu que les équipements dans les hôpitaux, comme les salles d'opération et les appareils d'échographie, ne pourront plus être sous-utilisés dans certains établissements.

«Un appareil d'échographie, ça fait 25 patients par jour, a-t-il dit. Un appareil qui fait dix patients, c'est inapproprié. Et moi si je le vois, vous allez devoir le voir et vous allez devoir aller dans la direction pour faire en sorte que la production soit là.»

Le ministre a également annoncé que, malgré leurs résistances passées, des établissements devront effectuer des achats regroupés afin de réaliser des économies d'échelle.

«Dans les deux dernières années, il a fallu que le gouvernement se batte avec des directions d'hôpitaux, vous, pour embarquer dans ces programmes, a-t-il dit. Quand le gouvernement va dire que c'est bien platte mais tout le monde embarque là-dedans parce que les achats regroupés amènent des économies d'échelle, il va falloir que ça se fasse.»

Devant les représentants de l'AQESS, M. Barrette a déclaré que le financement du réseau de la santé au Québec se comparait à celui dans les autres provinces mais que davantage de résultats pourraient être obtenus.

Lors d'un point de presse qui a suivi son discours, M. Barrette n'a pas développé quelles pourraient être les conséquences pour les établissements de santé qui ne respectent pas ses orientations. Le ministre a cependant fait référence au fait que le gouvernement se prépare à déposer un budget qui sabre dans les dépenses de l'année en cours.

«Il y a une série de mesures qui va toucher tout le monde, absolument tout le monde, en santé il n'y a pas de passe-droit, il n'y a personne d'épargné, tout le monde est tenu à une certaine contribution et dans ces mesures il y aura des éléments qui vont faire en sorte qu'il y aura des conséquences», a-t-il dit.

M. Barrette a affirmé que tous les programmes gouvernementaux seront revus, incluant ceux du secteur de la santé, où les libéraux veulent mettre de l'avant le financement par activité, basé sur le volume de soins donnés par l’établissement de même que sur la productivité.

«C'est une chose qui va arriver, c'est impossible que ça n'arrive pas», a-t-il dit.

Lors d'un point de presse qui a suivi, le président de l'AQESSS, Michel Gervais, a affirmé que le regroupement n'a jamais fait d'obstruction sauf quand le rôle des administrateurs du réseau de la santé a été remis en question par un projet de loi.

«On s'était opposés à ce changement administratif, ça n'a pas été fait», a-t-il dit.

Concernant la révision des programmes proposée par les libéraux, M. Gervais a estimé que l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux était tout désigné pour y parvenir.

«Ce n'est pas au Conseil du trésor à dire tel type d'intervention n'est pas bon bon ou tel type d'intervention diagnostique», a-t-il dit.

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