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Yémen: l'ambassade des Etats-Unis fermée, craintes d'attentats d'Al-Qaïda

08/05/2014 06:46 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

L'ambassade des Etats-Unis au Yémen était fermée au public jeudi pour des raisons de sécurité alors que les autorités yéménites redoutent une riposte d'Al-Qaïda après les coups portés par l'armée à ses combattants dans le sud.

"L'ambassade est fermée aujourd'hui. Et cette mesure sera en vigueur jusqu'à nouvel ordre", a déclaré à l'AFP un employé de la chancellerie américaine, située dans le nord-est de Sanaa et dont les accès étaient fortement gardés.

Des policiers, postés sur toutes les routes conduisant à la chancellerie, procédaient à un contrôle minutieux des véhicules conformément à un dispositif de sécurité mis en place depuis plusieurs mois et inchangé jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Le département d'Etat a annoncé mercredi soir la fermeture au public de sa chancellerie à Sanaa, en invoquant de "récentes attaques contre des intérêts occidentaux" dans ce pays où est implanté le réseau extrémiste Al-Qaïda.

Ces "attaques (...) et les informations que nous avons reçues nous ont suffisamment inquiétés pour que nous prenions ces mesures de précaution", a-t-il indiqué dans un communiqué, ajoutant que l'ambassade serait rouverte au public "quand ce sera approprié".

Le département d'Etat, qui avait déjà fermé sa chancellerie à Sanaa pendant plusieurs semaines en août dernier, a indiqué que la fermeture était "temporaire" et ne concernait que les services offerts aux ressortissants américains et aux étrangers.

Cette décision soudaine est intervenue le jour où les forces de sécurité yéménites ont tué par balles le responsable présumé du meurtre lundi d'un Français à Sanaa, la dernière victime d'une série d'attaques armées contre des étrangers à Sanaa.

- Crainte d'une riposte d'Al-Qaïda -

Le ministère de l'Intérieur a averti mercredi qu'il recherchait des suspects dont les véhicules ont été impliqués dans de récents attentats à Sanaa, après l'arrestation le même jour de "cinq terroristes d'Al-Qaïda (...) et la saisie d'armes et de munitions dans divers quartiers de Sanaa".

Le ministère a déjà mis en garde contre le risque d'une intensification par Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa) de ses opérations violentes après les pertes subies dans le sud du pays où l'armée a annoncé jeudi la reprise d'un important bastion des insurgés à Azzane, dans la province de Chabwa.

"Ces énormes pertes vont pousser Al-Qaïda à commettre des actes hystériques et désespérés, en mobilisant ses partisans et ses cellules dormantes pour s'en prendre aux officiers de la police et de l'armée", avait indiqué lundi le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

L'offensive était intervenue dix jours après une série de raids menés par des drones américains et de l'armée yéménite contre des bases et des camps d'entraînement d'Al-Qaïda dans ces régions, ayant fait une soixantaine de morts dans les rangs du réseau.

Un responsable d'Aqpa dans le sud du Yémen, Jalal Belaïd al-Marqachi, a qualifié de "croisade" l'offensive de l'armée, décidée selon lui lors d'une récente visite du ministre yéménite de la Défense aux Etats-Unis, principal allié de Sanaa dans la lutte antiterroriste.

Des menaces de représailles ont été ensuite lancées par le chef militaire d'Aqpa, Qassem al-Rimi, qui, dans une vidéo mise en ligne début mai, a prévenu que ses hommes s'en prendraient à "tout établissement, ministère, campement ou caserne", dont l'implication dans ces attaques serait avérée.

Al-Qaïda au Yémen, considéré par les Etats-Unis comme la plus dangereuse des branches du réseau extrémiste, est bien implanté dans le sud et le sud-est du pays.

Le réseau extrémiste avait profité de l'affaiblissement du pouvoir central au Yémen en 2011, à la faveur de l'insurrection populaire contre l'ancien président Ali Abdallah Saleh, pour renforcer sa présence dans le pays.

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