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Syrie: le CICR demande 212 M USD, un record depuis le conflit des Balkans

08/05/2014 10:19 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

Le CICR a demandé jeudi 83,6 millions de dollars (60 millions d'euros) de plus pour aider les Syriens, ce qui porte son budget annuel pour le conflit à 212 millions de dollars, un record depuis le conflit des Balkans.

"La crise est comparable (...) à celle des Balkans il y a une quinzaine d'années", a déclaré le chef des opérations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour le Proche et le Moyen-Orient, Robert Mardini, lors d'une conférence de presse à Genève.

"L'écart grandissant entre les besoins et la réponse humanitaire est alarmante", a-t-il ajouté, précisant qu'entre 80 à 85% de la population ayant besoin d'aide vivaient dans les zones contrôlées par le gouvernement mais que "les besoins sont plus aigus dans les zones contrôlées par l'opposition et dans les zones assiégées".

"La dimension du conflit en Syrie est sans précédent. La violence qui sévit implacablement touche des millions de personnes. Des milliers luttent pour survivre, vivent avec la peur de mourir, nuit et jour", a-t-il expliqué.

Le gros des fonds demandés par l'organisation servira à venir en aide aux Syriens vivant à l'intérieur de leur pays, le reste étant destiné aux activités d'assistance en faveur des réfugiés et des communautés hôtes au Liban, en Jordanie, en Égypte et en Irak.

En mars et avril, le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien ont fourni de l'eau, des vivres et d'autres articles de première nécessité à quelque 900.000 personnes en Syrie.

Mais le CICR se déclare insatisfait de sa capacité d'action actuelle dans les domaines de la protection et de la santé et s'emploie à intensifier son dialogue avec toutes les parties pour atteindre des dizaines de milliers de personnes vivant dans certaines régions du pays.

"Notre priorité est clairement Alep. Nous avons un plan de réponse très important, incluant de l'aide médicale et chirurgicale ainsi que de la nourriture et des articles non alimentaires, non seulement pour la ville d'Alep mais aussi pour la province", a souligné M. Mardini.

"Cela inclurait les besoins des civils dans les zones sous contrôle du gouvernement et les zones sous contrôle de l'opposition, y compris des zones assiégées", a-t-il dit, précisant que le CICR attendait toutefois "le feu vert du gouvernement syrien" pour mener cette vaste opération.

Le CICR prévoit par ailleurs d'augmenter sa présence sur le terrain, avec 250 employés nationaux (contre 200 actuellement) et 65 à 70 expatriés (contre 40 actuellement), a souligné M. Mardini.

Le CICR cherche en outre à se faire mieux accepter par toutes les parties au conflit, et à améliorer le respect du droit international humanitaire et du personnel humanitaire. Pour ce faire, il a organisé, entre autres, une dizaine de cours en Jordanie sur le droit international destinés aux responsables militaires de l'opposition. Depuis le début du conflit, le CICR n'est en revanche pas parvenu à donner de cours aux responsables de l'armée syrienne, a indiqué M. Mardini.

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